mardi 30 décembre 2014

Pied de nez


Trêve des confiseurs oblige, je suis en train de classer des livres dans mon bureau lorsque mon œil tombe sur le témoignage d’une vieille femme chinoise dont les pieds ont été bandés*. 

La légende de la photo précise qu’elle a du mal à tenir en équilibre sur ses pieds qui ne mesurent que 15 cm. Incrédule, je regarde mon double-décimètre. 15 cm pour des pieds d’adulte, cela semble impossible.

mardi 23 décembre 2014

Photo souvenir




Pour Noël, mon grand m’a demandé de lui offrir un shooting photo.

Il a parfois des idées insolites mais j’aime ça. Ce matin, je l’ai donc emmené en région parisienne dans le studio photo d’un jeune photographe*. Et pendant qu’ils réglaient leurs affaires, j’ai flâné dans le quartier.
J’ai eu l’impression d’arpenter mes souvenirs.
En passant devant cette façade, je me suis rappelé cet immeuble que j’ai quitté il y a plus de dix ans. La chambre de mon grand, la salle de bains et la cuisine qui donnaient sur la cour.

Mon grand… il était alors si petit. J’ai repensé à sa bouille toute ronde qui me faisait tellement craquer.
Après quand je suis montée le retrouver et que j’ai vu les photos, j’ai eu un choc.
Mon fils était donc devenu ce presque homme. Il était là le bébé que j’avais porté dans mon ventre, tenu dans mes bras, couvert de baisers.
Je pouvais passer des heures à le regarder grandir.
Le temps s'était donc écoulé si vite ?
Je n'avais rien vu venir.

Un jour, les photos de ce matin seront, elles aussi, reléguées au rang de souvenirs.




dimanche 21 décembre 2014

En grève


Je l'ai pourtant prévenue.

Elle n'a pas tenu compte de mes menaces. Elle a pensé que je ne le ferais pas. Elle m'en croit incapable.
Elle ne me connaît donc pas ?
Je lui ai répété 10 000 fois.
- C'est la dernière fois !
Nous nous sommes même mises d'accord.
- Promis, hein ?

jeudi 18 décembre 2014

Y'aura-t-il de la neige à Noël ?


Question de saison mais aussi titre d’un film magnifique sorti en 1996* dont le propos m’a terriblement marquée. L’histoire d’une mère courage cédant au désespoir de la misère, de la violence, de la solitude. Un film triste, abrupte, rude. Mais un film vrai aussi puisque la réalisatrice Sandrine Veysset s’est inspirée de son histoire familiale pour écrire son scénario, et en l’occurrence le personnage de sa mère.

Hier, sur le parking pluvieux du magasin où je venais justement de (presque) finir mes emplettes de Noël, je ne sais pas pourquoi, tout à coup, ce film m'est revenu en mémoire. 

Alors de fil en aiguille et en vrac comme à mon habitude, j’ai pensé à toutes ces mères et ces pères qui, faute de moyens, sont emplis d’angoisse à l’idée de décevoir leurs enfants pour Noël. A ces retraités du Nord de la France qui, espérant depuis octobre le versement de leur pension, sont plongés dans une insécurité financière et matérielle réelle (ayant pour cause un dysfonctionnement administratif absurde). Aux regards gênés de ces personnes croisées le jeudi matin lorsqu’elles attendent sur le trottoir en face de chez moi l’ouverture des restaus du cœur. Au visage désespéré de cette femme debout à côté de sa voiture en panne, alors que personne ne songe à s’arrêter pour l’aider malgré ses feux de détresse clignotants dans la nuit comme un sapin de Noël. 

Tous ces gens que l'on ne remarque pas. Tous ceux que l'on ne voit plus. Tous ceux que l'on ne veut pas voir. 
Et finalement je me suis dit qu'avec ou sans neige, elle peut être parfois bien triste la magie de Noël. 

* Ce que j’entends par là ? Dans ma terminologie personnelle, un film dont près de 20 ans plus tard je me rappelle l’émotion qu’il m’a procurée, est un film magnifique.

lundi 15 décembre 2014

Nommé désir


Je viens de regarder Un tramway nommé Désir.

A chaque fois que je revois ce film, je suis extrêmement troublée. Troublée par la moiteur de son univers. Par la violence qui s'en dégage. Par sa modernité dans l'observation de la folie.
Elia Kazan rend palpable l'atmosphère du texte de Tennessee Williams. Vivian Leigh-Blanche Dubois est sublime de fragilité et de névrose. Marlon Brando-Stanley Kowalski, qui incarne l'animalité à l'état pur, n'est et ne sera plus jamais aussi beau.
Un tramway nommé Désir est comme un diamant brut. Coupant, étincelant, remarquable.  Douloureux aussi.
A chaque fois que le film se termine, j'ai mal.

Un tramway nommé Désir, Elia Kazan, Etats-Unis, 1951, avec Vivian Leigh, Marlon Brando,  Kim Hunter, Karl Malden.
Oscars de la meilleure actrice, de la meilleur actrice de second rôle, du meilleur acteur de second rôle, de la direction artistique.

jeudi 11 décembre 2014

Fausse note



Alors que le débat 
sur la notation fait rage…

C'est l'histoire d'un petit garçon qui rame, qui bosse, qui rame encore, qui bosse encore et dont les notes malgré tous ses efforts ne dépassent jamais la moyenne quand elles l'atteignent. Ça commence dès l'entrée au CP. Ça continue ensuite pendant des années. Ça semble ne jamais vouloir se terminer.

C'est l'histoire d'une petite fille qui arrive à tout tout de suite, qui bosse un peu parfois quand elle en a envie et dont les notes dépassent tout le temps et largement la moyenne sans jamais descendre en dessous. Ça commence dès l'entrée au CP. Ça continue ensuite pendant des années. Ça semble ne jamais vouloir se terminer.


C'est l'histoire de mes deux enfants que j'aime tout autant l'un et l'autre.
D'un côté, des notes qui relèvent du cauchemar pour lui et pour moi.
De l'autre, des notes qui sont une fierté pour elle et pour moi.
C'est l'histoire de la différence. De l'injustice. Des débats stériles.

C'est l'histoire de la vie tout simplement.

samedi 6 décembre 2014

Aimer, être aimé(e)



J'ai toujours eu envie qu'on m'aime pour moi. 

Pour ce que je suis vraiment. Et non pas comme l'autre aurait voulu que je sois. Ou comme j'aurais voulu être pour lui. Ne pas avoir à me forcer à être autrement. Conserver mon intégrité. Ne pas avoir à composer. Ne pas avoir l'impression de me renier.
Je crois qu'il est là le premier défi de l'amour : aimer l'autre tel qu'il est et non pas tel qu'on aimerait qu'il soit. Et puis dans l'autre sens, se laisser aimer tel(le) qu'on est vraiment.
Pendant longtemps je n'y suis pas parvenue. J'agissais dans l'obligation. Avec la volonté de paraître parfaite jusqu'à m'oublier en chemin. Ou au point de départ de la relation amoureuse tout simplement.  Je réalise aujourd'hui que je me suis souvent contrainte à être éloignée de celle que je suis vraiment.
Combien de fois ai-je joué un rôle de composition et je me demande même comment il a été possible d'aimer cette autre que moi ?
Peut-être que finalement je n'autorisais personne à aimer la vraie moi.
Et puis curieusement, dans ces deux dernières années, ce chaos amoureux s'est apaisé.
Est-ce parce que j'ai rencontré un homme qui ne se pose pas la question de savoir si je devrais changer pour lui plaire ou être différente pour qu'il m'aime ? Est-ce aussi parce que je m'accorde enfin le droit d'être cette personne qu'il aime, c'est-à-dire moi ?
Tout ça peut paraître compliqué… En fait nul besoin de chercher midi à quatorze heures. Je savoure simplement le fait d'être aimée pour moi.

jeudi 4 décembre 2014

Vivement jeudi


Je ne travaille pas le mercredi.

Ce jour-là mon réveil sonne dix fois plus tôt. J’enchaîne tout ce que je n’ai pas eu le temps de faire avec tout ce que j’ai à faire sans oublier tout ce que j’ai pu oublier de faire et ce que je pourrais bien oublier de faire si je ne le fais pas. Parce que travailler à la maison, cela veut dire travailler aussi dans et pour la maison. Parce que même quand je suis installée à mon bureau en train de travailler avec un énorme panneau « ne pas déranger », il y a toujours une petite voix pour me rappeler que, maman je suis en retard, tu peux m’emmener… la machine à laver attaque l’essorage… bonjour, les fenêtres Bytra, nous menons une enquête… maman, tu ne sais pas où j’aurais mis… excusez-moi de vous déranger, auriez-vous cinq minutes à me consacrer… maman, je trouve pas ma raquette de tennis… vous allez être mis en contact avec votre correspondant… à peine cinq minutes… maman, le chien voudrait sortir… qu’est-ce qu’on mange ? le téléphone sonne... bonjour c’est le facteur pour les étrennes… tu pourras venir me chercher… je suis votre voisin... quelqu'un a vu le téléphone?  je n’ai plus de connexion internet… maman, la livebox est rouge… bonjour c’est le plombier, je peux passer ? … mes baskets ne me vont plus… vers 16 heures… le chien voudrait rentrer… t’as pas vu mon écharpe verte ? comme c’est mercredi… j’ai sport demain… je crois que ça sent le brûlé… je me suis dit que t’aurais bien cinq minutes… si tu me donnes de l’argent je peux aller les acheter… vous pouvez déplacer votre voiture… pour papoter… tu ne peux pas y aller à pieds… j’ai promis d’avoir fini ce boulot ce soir… ah oui il pleut des cordes… il faudrait que vous coupiez l’eau… si tu es prête on y va… et l’électricité… zut je n’ai pas sauvegardé… quoi il est déjà 16 h 10… bonsoir monsieur… vous pouvez descendre à la cave… non, c’est sûr je n'aurais pas fini ce soir… oui oui vous l’aurez demain matin, c’est promis… qu'est-ce qu'on mange ce soir ? Au fait y a monsieur machin qui a appelé... il aimerait bien que tu passes... non pas demain ce soir... 
...
...
...
... 

J'aimerais tant pouvoir travailler le mercredi.   

dimanche 30 novembre 2014

Moche


La nouvelle est tombée samedi soir.

Nous étions en train de dîner tous les quatre, mon amoureux, mon grand et ma petite,
mes chéris quoi. Un samedi soir tranquille autour d'un bon gros poulet de ferme de 2,7 kilos. Je l'avais mis à rôtir dans le plus grand plat que j'avais trouvé et qui s'était avéré être presque un peu étroit, le pauvre volatile. Avec des frites maison faites à l'Actifry de Seb, une cuillère d'huile pour 1,5 kilo de pommes de terre : l'alibi diététique de la frite. Il y avait aussi un bol de jus rempli à ras bord, des petits morceaux d'oignons caramélisés dans la sauce, un bouquet de thym dans le poulet et une peau dorée craquante pleine de cholestérol tellement bon…

lundi 24 novembre 2014

Mère… si



Ma mère m’a dit merci plusieurs fois. 

C’est après son départ ce matin que je me suis posé la question : qu’ai-je donc fait de si extraordinaire ? Nous sommes partis pour le week-end vendredi soir. 
Dans la voiture nous avons devisé, ri, chanté. Et même si les nappes de brouillard qui montaient des étangs de la Brenne nous ont ralentis et que nous avons dû nous arrêter brutalement au milieu des champs noirs parce que ma petite chérie avait mal au cœur, le temps a filé tout naturellement et nous sommes arrivés sans même nous en rendre compte

mercredi 19 novembre 2014

Cauchemar en cuisine


Toi j'taime pas… T'es moche, ta gueule me revient pas… 

C'est elle qui m'a raconté ça un jour où je lui demandais comment se passait
son apprentissage. Ces mots, son patron les lui martelait tous les jours.
Elle n'avait pas 18 ans, venait d'avoir son bac et d'intégrer une école de cuisine
en alternance. Elle a lutté toute l'année pour ne pas craquer,
elle ne voulait surtout pas qu'il la voie s'effondrer. C'est elle qui a gagné.

lundi 17 novembre 2014

Les yeux de Kaa

Avertissement : toute ressemblance blablablabla avec une situation de la vraie vie serait évidemment purement fortuite 


Je ne saurai jamais y faire avec la hiérarchie… 

Quand le travail se fait désirer, ma boss se met à fond dans le classement,
enfin c'est ce qu'elle dit. Dans son vocabulaire, cela signifie déplacer les dossiers.
A gauche. A droite. Au milieu. Varier les camaïeu de couleurs. Le jaune sur le bleu,
le vert sur le rose, le marron au-dessus de la pile. Non c'était mieux avant.
Le bleu avec le rose, c'est la mixité, le marron avec le vert parce que c'est l'automne,
et le jaune au-dessus comme un rayon de soleil.
Elle les ouvre, les aère, les secoue et hop les referme. Parfois elle en exhume des papiers
qu'elle commente à voix haute avant de les reposer dans le mauvais dossier.
C'est en prévision de lendemains moins paisibles où l'on n'aura plus le temps de les chercher.
Inévitablement arrive le jour où elle me signifie
- Je n'arrive pas à remettre la main sur le devis de Mme Machin Chose…
En langage clair
- Toi ma petite, tu vas perdre ton temps pendant quelques heures.
C'est un jeu de cache-cache amusant : j'ai eu du mal à m'habituer aux règles, no stress surtout
sans ça tu es fichue, mais je dois reconnaître que j'ai vraiment progressé ces dernières années.
J'ai amélioré mes records de façon assez spectaculaire, l'expérience sans doute.
Maintenant je trouve presque du premier coup. Alors une fois que j'ai mis la main
sur l'objet du délit, j'éprouve maintenant  un malin plaisir à prendre une petite voix pointue,
à afficher un grand sourire et un air victorieux :
- Regardez donc ce que j'ai trouvé dans le dossier Bidule (celui avec la couverture rose
sur le dessus), ce ne serait pas le devis de Mme Machin Chose (dossier marron
en dessous de la pile) par hasard…
Que je gagne si vite a le don de l'agacer. Sa déception est palpable et je l'entends presque marmonner :
- Quoi…….  Déjà ?!?!
Après, en général, elle est de mauvaise humeur et moi, je paye ma petite victoire au prix fort.
La rançon du succès.

Parfois aussi, comme aujourd'hui, elle exhume d'un dossier poussiéreux des photos
d'une époque révolue qu'elle commente à voix haute. Comme je fais la sourde oreille,
je suis concentrée sur mon boulot moi, elle se lève. Je la sens qui s'approche de mon bureau,
ondulante. Elle prépare son coup : hop ! Voilà… elle dépose sur mon clavier les photos.
Je ne peux pas les éviter. Elles sont sous mon nez.
Evidemment c'est elle. Elle me regarde, trente ans ont passé, mais je la reconnaitrais entre mille. Elle n'a pas changé : elle a les yeux de Kaa dans Le livre de la jungle
et je l'entends siffler susurrer
- Aie confiance… aie confiance…
Je sens qu'elle m'étouffe. Elle serre. Je vais y rester. Je suis sur le point de plonger.
Je vais le dire
- Oh mais c'est vous là ?
La politesse voudrait que je poursuive par
- Vous n'avez pas changé du tout…
Mais subitement je vois ses pupilles dardées sur moi.
- Aie confiance… Aie confiance.
Les yeux de Kaa. Ils m'en ont trop fait voir.
Je ne sais plus. Je n'y arrive plus.  Alors je ne devrais pas mais je m'esclaffe
- Mais qui est donc cette dame au milieu ?

Non je ne me trompe pas : c'est bien ma voix qui a parlé.

samedi 15 novembre 2014

Mécénat Anticrise


© laf@b

J’avais eu rendez-vous à la banque.

A chaque fois, c’est une épreuve. Je me demande comment je vais faire pour défendre
mon bout de gras qui, mois après mois, vire au maigre. Bref, c’est pire qu’un entretien
professionnel.  Pire qu’une présentation en public. Pire qu’un discours devant 2000 personnes
(enfin j’imagine parce que je ne me retrouve jamais dans ce genre de situation).
Donc j’étais là, bla bla bla bla, tout sourire, dynamique, à essayer de convaincre
ma nouvelle conseillère que je faisais mon possible pour qu’elle soit fière de moi  
même si ce n’était pas toujours facile et que, surtout, elle ne pouvait pas me laisser tomber
à ce moment précis de ma vie… Je la sentais attentive, elle ne me connaît pas encore,
mais pas forcément sujette à l’empathie.
Quand elle a commencé à regarder sa montre, j’ai senti qu’il fallait transformer l’essai
sous peine d’être évincée immédiatement … Alors je ne sais pas pourquoi, ultime coup de bluff,  j'ai parlé de Scénario Anticrise, des GBA dont sa banque (la mienne aussi) était partenaire.
Elle m’a écoutée. J’ai senti que ça l’interpellait mais bon, l’heure passait et elle devait aller
récupérer son bébé chez la nounou.  
- Au final ça vous a rapporté quoi ?
Je me suis sentie très bête et l’entretien a tourné court.  J'étais contente pour elle parce
qu'elle ne serait pas en retard.

Je me suis arrêtée pour acheter du pain. Peut-être qu’elle avait raison.
Peut-être pas. Qu'est-ce que ça m'avait rapporté finalement ? 

Je crois que l’idée a commencé à germer là, sur ce coin de trottoir, devant la boulangerie
qui vient d’être entièrement refaite. Le pain n'y est pas forcément meilleur
mais le cadre est moderne et agréable.

Plusieurs personnes m'avaient déjà suggéré de mettre de la pub sur mon blog.
Franchement, la fenêtre qui s'ouvre intempestivement, clignote en affichant son message
et empêche de lire ? Non sans façon. 

J’ai repensé à des projets participatifs auxquels j’avais contribué. Il y en avait pour
tous les goûts. Des voyages. Des défis sportifs. Des projets artistiques. De l’humanitaire.
Des opérations citoyennes. Même un bouquin de cuisine (un que j'avais conçu bénévolement,
l'autre que j'avais acheté pour donner un coup de pouce).

J’ai repensé aux commentaires d’encouragement.
Au compteur du blog qui, la veille, affichait 37 600 pages vues pour 224 billets.
Aux heures de boulot passées devant mon ordinateur. A mon enthousiasme.
Au plaisir partagé.
Alors je me suis dit, après tout pourquoi pas ?

J'ai formulé les choses : si on finance un livre, un court métrage, de la musique,
pourquoi pas un blog que l'on lit régulièrement après tout ?

On est culotté ou on ne l’est pas…

Je venais d'acheter une baguette au sésame et j'ai décidé que, oui, c'était possible.
Tout est possible tout est réalisable. J'ai mangé le premier croûton.

Vous trouvez que j’exagère ? Vous avez le droit. 

Mais si, en revanche, l’idée vous plaît et que vous souhaitez m’aider et m’encourager à écrire, participez dès aujourd'hui à l’opération Mécénat Anticrise.
Envoyez votre promesse de don ou vos encouragements à scenarioanticrise@gmail.com et devenez ainsi les premiers mécènes de Scénario Anticrise. 
Je vous promets que l'aventure ne fait que commencer.
Et surtout continuez à lire et à partager.

Mécénat : soutien matériel ou financier apporté sans contrepartie directe 
de la part du bénéficiaire, à une œuvre ou à une personne pour l’exercice 
d’activités présentant un caractère d’intérêt général.

jeudi 13 novembre 2014

Le petit sac beige


J’allais rentrer chez moi les mains vides.

Il y avait bien l’émotion de cette soirée indescriptible.
Il faut dire que j’avais reçu dix jours auparavant un mail de l’organisation 
qui pouvait donner à croire que j’avais gagné le trophée.
Je ne l’avais pas reçu l’an passé. De là à en déduire…
- Ça semble évident : ils n’envoient ce mail qu’aux lauréats pour s’assurer 
de leur présence à la soirée. 
Je n’avais rien dit à personne, heureusement, mais secrètement, dans ma petite tête 
de gourdiche, je caressais tendrement cette promesse et j'avais le cœur battant.
Quand le gars qui a ouvert l’enveloppe n’a pas annoncé ce qu’il aurait dû si le scénario 
avait été parfait, j’ai senti un immense vide m’envahir. Un truc vertigineux comme 
ce qu’on éprouve dans un ascenseur qui descend trop vite.
Après, j’ai marché, bu, parlé, ri, mangé comme un robot. C’est fou comme 
je sais bien faire ces choses-là parfois.

J’allais rentrer chez moi les mains vides mais le cœur plein de cette déception. 
Elle allait sans doute prendre un malin plaisir à revenir me titiller de façon lancinante, 
dans le genre d’une rage de dents ou des prémices d’une migraine. 
Je la connaissais bien la bougresse. 
Je venais de tomber de mon piédestal tout beau tout neuf. Personne n’en avait rien vu. 
Mais j’avais déjà mal partout. Rien de visible. Rien d’apparent.
- Juste une blessure d’amour propre.
De celles qui ne se détectent pas à l’œil nu. Ma fierté sauve. Ouf.

J'étais donc sur la route du retour chez moi avec des pensées pas forcément glorieuses. 
Alors j'ai cherché le truc positif. 
- Je n'ai pas les mains complètement vides… 
Beh oui, finalement je rapportais un petit sac en coton beige siglé, 
j’en ai des tonnes comme celui-là, avec une pochette en nylon rose bonbon 
remplie de vernis à ongles pailletés très très moches, de gloss nacrés au parfum 
de fraise chimique et deux bouquins sauvés du pilon pour l’occasion. 
Et enfouies, bien au fond, mes illusions perdues.

J’étais en train de me dire tout ça et plus encore quand je me suis demandé 
pourquoi cette voiture arrivait pleins phares en face de moi, qui plus est sur la même file 
que moi mais dans l’autre sens.
J’ai écarquillé grand les yeux. J’ai pensé que j’allais mourir, là sur le champ, 
dans cette robe et cette écharpe que je trouvais particulièrement seyantes. 
Le conducteur doublait un autre véhicule. C’était une vision de cauchemar.
J’ai donné un grand coup de frein. Et je me suis déportée sur la droite. 
Le petit sac beige a basculé et tous son contenu s’est éparpillé par terre au moment 
où la voiture passait à ma hauteur. 

J'ai ouvert en grand ma fenêtre, l'air du dehors s'est engouffré. J'ai frissonné un grand coup. 
Pour la seconde fois de la soirée, j'entendais mon cœur battre à tout rompre. 
Ça faisait un bruit du tonnerre dans l'habitacle. 
C'est fou comme la vie peut être bruyante parfois. 


Quand je suis arrivée chez moi, j'ai remis presque tout ce qui était tombé dans le petit sac beige. 
Je crois que je n'ai rien oublié. Ou presque. 

Je n'ai pas l'intention d'arrêter d'écrire.  

mercredi 12 novembre 2014

Si seulement

Quelques futilités, une fois n'est pas coutume ou presque…
Robe noire La fée Marabouthée

Avant de partir pour Paris pour la soirée 
des Golden Blog Awards, 
il faut bien que je m'occupe, 
que j'essaye d'apprivoiser ce temps interminable. 
Je n'ai pas ressenti une telle anxiété 
depuis des lustres. 
Plus que l'an passé. Il n'y aura pas de troisième fois. 
Je tourne en rond. Je marmonne. 
Alors pour remplir cette immense attente, 
voici, en exclusivité pour vous, 
la tenue que je porterai ce soir. 
Simple, chic, élégante, comme d'hab quoi ! 
Si seulement, si seulement, si seulement… 

Accessoires Camaïeu


lundi 10 novembre 2014

Le vrac du week-end

Heureuse de vous présenter Chips, héros de Sushi - saison 2.

Ce matin, au détour d'un couloir de ma petite entreprise. 

- Toi, tu as la mine réjouie de celle qui a passé un bon week-end ! 
Ça se voit donc tant que ça ? Pourtant dans le miroir de ma salle de bain ce matin, 
je n’ai pas eu cette impression mais ce doit être l’intention qui compte.

C'est vrai que j'aime bien ce genre de week-end rempli de tout un petit fatras… 
ce qui donne un peu à la manière du sac de Mary Poppins. 

Le marché du samedi sous un soleil d'automne. 
L'escapade à Paris pour y retrouver ma petite sœur et mes quatre cousines chéries 
(avec cinq e et cinq s. Avec moi ça fait 6). 
Une séance de réflexothérapie plantaire par l'une d'entre elles, pur moment de détente.
- Tu me fais des pieds de "winneuse", hein ?
J'en suis sortie, la démarche légère comme une danseuse, euh surtout dans ma tête. 
(D'ailleurs si vous aussi, vous voulez tenter cette aventure pédestre, c'est par ici.)
Les bulles du champagne rosé Ruinard qui font pétiller les yeux.
Les délices d'un foie gras venue directement de Toulouse et d'un plateau de fromages 
made in toute la France servis sur un château Grand Corbin 2003 (saint-émilion grand cru).  
Une quantité de fous rires et de gloussements équivalente (la quantité) 
à celle des calories ingurgitées. 
Le sentiment d'avoir 20 ans ou presque 30 ans… à une ou deux dizaines près. 
- Qu'est-ce qu'on est belles les filles ! 
Les rues de Paris du dimanche matin qui donnent envie de rester ou bien de revenir y vivre, 
un jour, bientôt, plus tard, qui sait ?
Un déjeuner campagnard concocté avec amour par un homme amoureux 
qui, lui, n'a aucune envie de venir vivre à Paris, un jour, bientôt, plus tard, qui sait ?
- Tu es vraiment sûr que ça ne te tente pas du tout du tout ? 
L'expédition jardinerie pour aller acquérir ce qui sera la surprise du soir (cf. photo ci-dessus), 
pour le retour de ta petite chérie. Ses cris de joie. Ses câlins. Et son sourire radieux. 
Comme quoi, il en faut vraiment peu (1,50 €) pour être heureux(se). 
- Oh mon Sushi est revenu… merci maman, merci, merci…
Le plaisir de se vautrer sur le canapé pour regarder, avec des années de retard, 
Le diable s'habille en Prada que je n'avais jamais eu l'occasion de voir malgré l'envie 
que j'en avais (fan inconditionnelle de Meryl Streep depuis Kramer contre Kramer)
avec la cerise sur le gâteau de pouvoir accéder à la version originale même sur TF1 
(merci la nouvelle box même si elle n'enlève pas les pub !)
Et aller se coucher en pensant que demain, même si c'est lundi, après-demain c'est férié. Alors...

Alors ça c'était hier : aujourd'hui est la veille de demain et donc forcément ce soir, tout va bien. 

vendredi 7 novembre 2014

Les yeux au ciel


Le premier truc que je fais en sortant du boulot, 
c'est de lever les yeux au ciel. 

Les ciels de la plaine s'étalent à perte de vue.
En même temps, je laisse tomber les épaules et j'expire comme l'ostéopathe
et mon chef de chœur me l'ont appris. Cela fait un petit fooooou.
Quand il commence à faire frais, une spirale de buée sort de ma bouche.
Moi j'ai l'impression d'avaler un grand bol d'air pur.
J'inhale, j'absorbe, je me laisse dévorer. J'en ai les jambes chancelantes,
des larmes qui perlent aux paupières.
Alors je regarde le petit foooou s'envoler dans le ciel immense
et les yeux au ciel, je me laisse emporter.
La liberté m'emporte.

mercredi 5 novembre 2014

Ma carte de visite

Elles sont trop trop belles mais...
Je suis super fière de moi.

Ou plutôt de mes cartes de visite : j'en rêvais et ma copine me les a faites. Alors je pavane un peu, j'en donne une par ci, comme ça négligemment
- Tiens si tu veux partager plus facilement mon blog…
Ou par là
- Au fait, tu as vu, j'ai pensé que c'était le petit plus…
Les réactions sont unanimes.
- Waouuuuuh la classe !
Enfin en gros, sans nuances et pour faire court (mon amoureux m'attend pour dîner), on se les arrache.
Jusqu'à ma petite chérie à qui je la tends cet après-midi, comme ça, l'air de rien.
- Tu en veux une ?

mardi 4 novembre 2014

The ghost worker

"Tu fais l'œuf : tout doit glisser sur toi."
Evidemment toute ressemblance avec la vraie vie ne serait que fortuite… bla bla bla bla bla  

Une fois de plus j'ai oublié la règle de base qu’elle m’a inculquée : ne jamais accorder ma confiance à l'un ou à l'autre, à personne ! 

C’est un jour ordinaire dans ma petite entreprise. Réunion de fin de journée. Depuis 20 minutes, je me demande pourquoi on m’a conviée. Et même si je suis assise pile poil en face de lui et que je ne le lâche pas des yeux, mon boss, qui depuis neuf ans fait semblant de ne pas me voir quand il me croise, a réussi un nouvel exploit : ne pas me regarder en face une seule fois.

lundi 3 novembre 2014

Impressions


Dimanche soir.

Je reconduis mes enfants chez leur père. A l’heure où la lumière est entre chien et loup. J’aime cette expression mais je n’aime pas rouler à ce moment de la journée. Les routes de campagne sont comme des tracés aux contours imprécis, des mirages qui semblent s’évanouir quand on arrive dessus.

Je réalise que j’écris encore sur mes enfants, je sais que je parle beaucoup d’eux, trop peut-être, mais pour moi ce n’est jamais assez.
Je ne les ai eus à moi que deux jours et demi, la faute aux vacances, aux aléas du boulot, à la vie tout court.
Je n’ai pas fait le plein de cette douceur enfantine qu’ils m’accordent encore tous les deux, chacun à leur manière. De ces câlins pataudement donnés, ces élans spontanés de tendresse.
J’ai faim de nos bavardages. De nos nerfs à vif. De l’odeur de leur peau. De leur tignasse que j'aime ébouriffer.
Je reste sur ma faim.

Le coffre de la voiture est chargé, retour de vacances, rentrée demain. Tout un bazar, les mille et uns petits riens de leur existence d’enfants de parents séparés.
Des miettes de nos vies.
J’ai le cœur en miettes.

Ils ont pris le pli, désormais, de ces retours du dimanche soir. Un instant, je suis tentée de les envier, l'apparente facilité avec laquelle ils passent de la présence à l'absence.
Ils sont comme pressés de repartir de l’autre côté, pressés d’en finir. Et lorsque je descends de la voiture pour les aider, je sens qu'ils sont déjà ailleurs.

En les embrassant, je ressens une crispation bien connue frôler mon visage. Instant fugace.
L’impression que je peux basculer et les entraîner avec moi.
Rien ne se passe. Ni l’un ni l’autre n'en a rien vu.
Je bénis cette heure entre chien et loup.

samedi 1 novembre 2014

Coq au vin


Je me demande à quoi peut bien penser ce coq ? 

Il est deux heures du matin et il vient de pousser un cocorico monstrueusement sonore.
Je sursaute, en plein cauchemar. Ce n'est pas possible, cet animal infâme doit se cacher sous mon oreiller. Ou alors au pied de mon lit.
Non au pied de mon lit ce sont les ronflements de ma chienne.
J'entends déjà les cris d'orfraie
- Quoi son chien dort dans sa chambre… Quelle horreur !
Remettons les pendules à l'heure - et pour mémoire il est deux heures du matin - exceptionnellement, oui mon chien dort dans ma chambre. Je suis pour le week-end chez ma mère, dans ma maison d'enfance, et c'est le seul endroit où je tolère cette incartade.

jeudi 30 octobre 2014

6 pieds sous terre


Ce soir j'ai envie d'une bonne petite bluette un peu niaise parce que...

Depuis avant-hier, je suis six pieds sous terre ou plutôt cloîtrée chez moi avec une mauvaise attaque virale. Rien de grave si ce n'est une bonne gastro et surtout une très grosse fatigue.

Donc hier j'ai dormi. Dormi. Dormi. Dormi. Dormi.
Toute la journée j'ai dormi.
Ça tombait bien. Je n'avais envie de rien d'autre.
Celle qui était contente : ma minette qui, ayant fait la java toute la nuit, a pu dormir contre moi toute la journée.
Ceux qui étaient heureux : mes deux grands (petits) chéris exilés pour les vacances et assez satisfaits de ne pas avoir à affronter les humeurs de leur mère quand elle ne peut rien faire.

mercredi 29 octobre 2014

Maestro !

© Le Huffington Post
Image captée au gré de mes balades sur le web.

Cet homme, dans une rue d'Edmonton au Canada, joue du piano.
Malgré ses mains hésitantes, il a l'air heureux.
Cet homme est un sdf.
Cet homme vit dans la rue.
Cet homme a les ongles noirs. Son pantalon est sale. Sa veste est trouée.
Lorsqu'il tourne son visage vers la caméra, cet homme affiche un sourire édenté,
des yeux cernés et des cheveux mal coiffés.

Pourtant ce maestro fait la une des réseaux sociaux.
Sa vidéo fait le tour du monde.
Elle a été aimée plus d'1 million de fois sur facebook.

Ça en fait des pièces qu'il aurait pu ramasser, notre maestro.
Une vie entière qu'il aurait pu gagner.

Mais dites, dans la vraie vie, cet homme vous l'auriez aimé aussi ?
Ou vous auriez traversé la rue pour l'éviter ?
Il s'agit juste d'une question.

mardi 28 octobre 2014

Miss Stiletto amène le dessert

Miss Stiletto, herself !
C'est fou, j'ai une nouvelle copine qui m'est tombée du ciel.  Je l'ai rencontrée un soir où je trainais, un peu au hasard. Elle s'est pointée avec ses bottes rouges et son râteau, ses éclats de rire et ses espiègleries.
Elle s'appelle Miss Stiletto.
Depuis on ne se quitte plus. Ou plutôt on essaye de ne plus se quitter parce qu'elle vit down under ou si l'on préfère, de l'autre côté de la planète… Ce qui veut dire que quand elle dort, moi je bosse et que quand elle bosse, moi je dors. Pas facile de se parler. Alors on s'écrit, on se lit, et petit à petit on se raconte nos vies.

lundi 27 octobre 2014

Chasse gardée


J'aurais dû lire avant ce qui était écrit sur le panneau.

Bon j'en ai déjà parlé ici (De la chasse…) mais il s'agit d'un sujet d'importance - pouvoir se promener en liberté et en sécurité en forêt quel que soit le jour de la semaine - je vais donc en remettre une petite couche.

Depuis ce billet posté l'an passé, je pensais avoir trouvé la parade : le dimanche, je file dans les bois à l'heure où ils sont à table, entre midi et deux, et comme j'ai une nette tendance à vivre à l'heure espagnole, déjeuner à 14 h voire après ne me pose aucun problème.
Donc, pour résumer, avant midi et après 14 heures, je leur laisse le terrain libre. Personnellement je trouve ça pas mal généreux comme compromis.
Mais voilà, a priori, eux ne l'entendent pas ainsi.

samedi 25 octobre 2014

Suaves comices

Retour de marché coloré et parfumé ce matin.  

Elles sont cachées dans la photo. 

Il m'a vue arriver de loin.  Je ne sais pas comment il fait mais il me voit toujours arriver de loin, quelle que soit l'heure à laquelle je viens. Pourtant je ne l'épargne guère, difficile d'être plus irrégulière, la routine des horaires le samedi matin connais pas.
Je suis à peine devant son étal que j'entends sa phrase fétiche :
- Elles sont là !

vendredi 24 octobre 2014

Septième ciel




Ce soir, mon cher blog, je suis au septième ciel.
C'est bien ton nom qui apparaît sur cette liste, comme un fait exprès, en numéro sept.
On peut dire qu'on fait une sacrée paire, toi et moi.
Tu m'as bousculée, épuisée. Parfois je t'ai détesté. 

J'en ai perdu le sommeil, le boire et le manger (euh, en fait ça non, malheureusement). 
On s'est accroché. Tu m'as botté les fesses. Mise hors de moi.
Mais nous y sommes arrivés … 
Nous sommes dans cette fameuse shortliste pour la seconde fois !
Alors je n'ai qu'une envie c'est de dire merci. 

Merci à toi, mon ami, 
mais surtout merci à tous ceux qui ont cru en toi, en moi, en nous quoi !
Ce soir, mon cher blog, je suis fière de toi.
Et tu sais quoi ? Pour une fois, j'espère et j'y crois.

jeudi 23 octobre 2014

Over the rainbow



Arc-en-ciel d'automne.
C'était hier… 

Mon grand s'est invité à déjeuner. Il est venu à pied comme il a pris l’habitude de le faire ces derniers temps. Parcourir les six kilomètres qui séparent les deux maisons de ses parents ne l’effraie pas. Il aime ces longues marches solitaires. Je le soupçonne d'y faire le plein de rêves, je le comprends, je lui ressemble.
Après notre repas en tête-à-tête, il est resté un peu avec moi tandis que je travaillais. Mon silence non plus ne l’effraie pas, il me comprend, il me ressemble.
Je l'ai raccompagné ensuite dans ce village qui était le mien, avant. Au retour, je me suis arrêtée près du lavoir.
A cette époque, les feuilles des peupliers brillent comme des pièces d'or et la vigne vierge qui court le long de la clôture explose dans un arc-en-ciel d'automne.

On dit qu'au pied des arc-en-ciels se cachent des trésors.

mercredi 22 octobre 2014

Euphrosyne me voilà !

Liebster Award : une chaine de blogueurs/ses 
qui échangent et se font l'article dans le but de se faire connaître… 


Il y a quinze jours j'ai été taggée par Euphrosyne. Ou plutôt Scénario Anticrise a été taggé par Je me disperse. Lu comme ça, évidemment, cette phrase peut paraître sibylline, mystérieuse, presque angoissante.
Taggée ? En fait mon blog a été remarqué et cité dans un article par une autre bloggueuse, en l'occurrence, Euphrosyne de Je me disperse. 

lundi 20 octobre 2014

Carpe diem


Profiter de l'instant quand il est là…

Dimanche matin, alors que nous émergions tous d'une nuit un peu trop courte, j'ai pensé à haute et intelligible voix que, sans doute, nous prenions là, pour cette année, notre dernier petit-déjeuner au  jardin. [Pour ma part, je ne connais pas beaucoup de plaisirs qui égalent celui-là.]
J'ai juste ajouté : profitons-en et goûtons l'instant.
Une journée de bureau difficile associée à la petite pluie froide qui tombe ce soir me confirme l'intuition que j'avais : l'instant allait se faire la malle vite fait bien fait.

Profiter de l'instant quand il est là… Combien sommes-nous à prononcer ces mots sans jamais prendre garde que l'instant trépasse et que la vie passe ?

Je me souviens de mon père et de ses "quand je serai à la retraite, je ferai des claquettes, j'apprendrai la comédie musicale, nous irons au Mexique…" S'il avait prévu que, dans la jeune fleur de ses 58 ans, une garce appelée Alzheimer lui mettrait le grappin dessus, il aurait certainement pris le temps de danser, chanter et voyager bien avant.

Tout ceci pour dire qu'hier il faisait beau, aujourd'hui il fait froid.
Hier la lumière était belle, aujourd'hui elle est grise.
Hier je profitais du moment, aujourd'hui je le subis.
Hier j'étais insouciante, aujourd'hui je ne le suis plus.
Hier j'aimais mon boulot, aujourd'hui il m'use.

Un des hommes de mon existence disait que je ressemblais à un petit oiseau sur une branche, toujours à croire aux lendemains qui chantent. Une manière de me reprocher un optimisme inébranlable.
J'ai un peu changé depuis et je sais désormais que la vie ne peut pas ressembler éternellement à ce petit-déjeuner pris au soleil d'automne dans un jardin. Mais je sais aussi qu'elle ne doit pas ressembler éternellement à une journée grise et humide passée dans un bureau sinistre.

Alors demain ou après-demain quand l'instant se présentera, il faudra bien que je le saisisse.

dimanche 19 octobre 2014

Mon truc à moi


©Vorverk/Thermomix ®

Ce truc-là, j’en rêve. 

Même si je prends l'air le plus détaché du monde quand une de mes copines en parle (surtout celle qui l'a), j’en bave.
J'en rêve plus que les bottes rouges de mon autre copine ou la robe noire qu'elle n'a pas voulu me donner alors qu'elle m'allait si bien. (Elle se reconnaîtra.)
Ce truc, il faut l’avoir vu pour le croire… C'est inimaginable. 
Un truc qui fait tout tout seul, parfaitement bien - avec lui plus une chance de rater un repas -, et qui en plus est bon pour la ligne, la santé et le moral.
Ce truc-là, qui coûte trois bras, est capable de transformer ma vie.

jeudi 16 octobre 2014

Betterave Blues

Perpétuelle sucrerie. © LindaSan

Quand j'ouvre mes fenêtres ce matin, l'odeur sucrée qui monte de la ville me donne envie de remettre à la une ce billet d'octobre dernier.   

On a parfois des idées toutes faites. 
Par exemple, moi, j'ai longtemps cru que la betterave était forcément rouge, de cette nuance un peu cramoisie, presque pourpre. 
Que sa forme était un petit dé parfaitement calibré comme ceux qui nous attendaient dans nos assiettes à la cantine et que mon grand frère détestait par dessus tout. 
Que son eau de cuisson était la panacée pour teindre en violet les chemises de grand-père que j'achetais - c'étaient mon époque baba cool - aux Puces de Clignancourt.