lundi 26 janvier 2015

Poupées russes


Je ne sais pas ce qui me prend.
Ce lundi matin est pourtant ordinaire. Je sors de ma douche.
Un coup de sèche-cheveux et l’occasion de râler contre ma coiffeuse qui a trop effilé la coupe. Sur mes petits cheveux fatigués par la saison, le résultat est plus que moyen.
Je me tartine de lait hydratant des pieds au décolleté. C’est mon anticalcaire à moi, indispensable à ma peau été comme toute l’année.
Je me demande en passant sur le haut des cuisses si je n’ai pas un peu grossi. Non, c’est juste le syndrome paranoïaque du gramme superflu.

mercredi 21 janvier 2015

Un truc dingue


Aujourd'hui j'ai fait un truc de dingue…

J'ai eu un début de journée un peu sur les chapeaux de roue (j'adore cette drôle d'expression : comme si une roue portait un chapeau !).
J'ai bossé à la maison entre 8 et 10 h, enchaîné avec une réunion à l'extérieur, revenue au pas de course chez moi parce qu'il fallait que ma petite chérie déjeune juste à la sortie de l'école de musique pour repartir dare-dare à la piscine mais c'était sans prévoir que mon grand allait m'appeler alors que je venais tout juste de mettre le repas en route pour que j'aille le chercher au collège parce qu'il s'était malheureusement abîmé le pied et avait beaucoup de mal à marcher et qu'en plus moi, j'avais bloqué un autre rendez-vous à 14 h…

lundi 19 janvier 2015

Red boots


Eh les girls, c’est pour vous !
Enfin surtout pour toi miss Stiletto, et tu dois savoir pourquoi ;-)
Peut-être que tu vas être jalouse. Peut-être que ça ne te fera ni chaud ni froid. Alors tant pis, même si je me je trompe, il faut que je te raconte…
Mon amoureux m’a offert ces bottines rouges*. Tout cuir, avec un petit pompon, des zips, des petits clous façon laiton vieilli et un cuir plus doux que ma peau de bébé.
Je crois que je pourrais dormir avec (les bottines parce que ma peau je dors avec toutes les nuits). Je ne les quitte plus. Je les porte avec tout, jean, jupette, robe, leggings, pyjama, maillot de bain, peignoir... Je les caresse du regard, de la main.
Je me jette sur elles au réveil. Je les admire derrière la vitre embuée de la douche.
Je marche, je cours, je vole. Je croise, je décroise les jambes.
Je sautille et hop, les boots sur mon bureau au nez de ma boss… j'adore son regard presque extatique à la vue de ces pieds rouges.
Je trouve n’importe quel prétexte pour aller à l’autre bout de l’usine, juste pour le plaisir de traverser le couloir et de passer devant le grand miroir…
Ralentir, jeter un coup d’œil, admirer…
Elles sont belles. 
Elles étaient faites pour moi et je ne le savais pas. 
Je n'aurais jamais pensé qu'elles existaient mais lui, il les a trouvées. Il les a choisies. Il les a achetées et...
Ça me rappelle bien quelque chose … Une histoire de prince charmant, de cendrillon. Oui c'est ça : une princesse qui aurait enfin trouvé chaussure à son pied ! 

* Euh, sur la photo, elles sont beaucoup moins belles que dans la vraie vie ! Ce n'est pas de leur faute si elles ne sont pas photogéniques, les pauvrettes !

PS. Histoire de fille (suite). J’ai offert un pull (en solde) à ma fifille. Elle ne le quitte pas. Je la soupçonne même de dormir avec. Elle l’a fait laver par son père (qui n’est pas en grève de lavage, lui). Elle l’enlève, le remet… Et hier soir, elle a eu ces mots : maman, c'est le pull de ma vie. Je n'aurais pas pu passer à côté ! 


jeudi 15 janvier 2015

Ailleurs


J’écris ces mots librement.

Dans une autre vie,
ailleurs,
je serai lapidée.
Jetée en prison.
Exposée en place publique.
Mes enfants devront s’exiler.
Ma famille sera ostracisée.
Mes amis persécutés.
Mes textes seront brûlés.
Plus personnes ne pourra lire ce que j'écris.
Plus personne ne saura qui je suis.

Je suis blogueuse.
J'écris.
Je suis Raïf Badawi

lundi 12 janvier 2015

Amour


Cela fait plusieurs jours que je ne sais plus utiliser les mots. 

J'ai beau chercher, les tourner dans tous les sens, les écouter, ils ne viennent pas. Et puis tout à l'heure mon grand m'a appelée.
Il avait la voix joyeuse.
- Maman, je voulais te dire, j'ai eu deux super notes aujourd'hui…  17 en histoire et 18 en géographie.
Cette petite phrase, certains comprendront pourquoi, m'a fait monter les larmes aux yeux.
Je me suis souvenue du sms de ma petite chérie reçu jeudi dernier à 7 h 42 alors qu'elle était sur le chemin du collège.  "Maman si tu savais comme j'ai bien chaud dans ma doudoune." Simplement parce que la veille je lui avais offert, alors qu'elle ne l'attendait pas, la petite doudoune violette dont elle était tombée amoureuse. Même au cœur de la tourmente, ce petit message m'avait fait monter les larmes aux yeux aussi.
Alors voilà ce soir les seuls mots que j'ai envie d'écrire : je vous aime mes enfants. Tels que vous êtes. Ne changez pas. Gardez votre pureté, votre enthousiasme, votre belle énergie. J'ai confiance en vous.
Et avec vous à mes côtés, je n'ai pas peur.

mercredi 7 janvier 2015

N° 80 145


J'ai reçu ma première carte de presse en 1996. 
Carte d'identité des Journalistes professionnels n° 80 145.
Quel que soit le chemin parcouru - j'ai quitté la presse pour l'édition en 2003 -, nous autres journalistes conservons notre matricule à vie.
Jusqu'à ma mort, je serai donc le n° 80 145.
Alors aujourd'hui, mercredi 7 janvier 2015, moi, n° 80 145, je pleure la barbarie et mes confrères assassinés.
 

mardi 6 janvier 2015

Strip Tease

Avant Noël, j'ai été nominée par la célébrissime et brillantissime expatriée suisse au pays des Kiwis, j'ai nommé miss Stiletto , pour le Too Much Information Tag. 
J'ai dit que j'allais jouer le jeu mais bon c'était Noël après tout. Et du coup j'ai oublié. 
Et puis la non moins célèbre et talentueuse Euphrosyne du merveilleux Je me disperse en a remis une petite couche … Et j'ai promis que j'allais m'y mettre… 
C'était la semaine dernière ! 
Aujourd'hui une de mes amies, célèbre anonyme inconnue mais néanmoins très très grande amie, s'est elle aussi mise de la partie. 
Impossible de reculer. 
Donc, ladies and gentlemen, me voilà.  Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur moi figure ci-dessous. 
Bon autant vous prévenir je me suis mise littéralement à nu. 
Alors petites âmes sensibles, amoureux éconduits ou personnes à la moralité irréprochable, sans doute vaudrait-il mieux que vous passiez votre chemin. Les autres vous n'êtes qu'une bande de voyeurs !

N'ayez pas peur : 
ça c'est moi quand je réfléchis.
1. Que portes-tu ?
Un peu beaucoup trop la misère du monde, les soucis des uns et des autres, mes angoisses cachées, mon envie d’être aimée, l’escale à Pondichéry de Christian Dior, une foule d'utopies, une écharpe ou un foulard obligatoirement, un soutien-gorge aussi, des lunettes de plus en plus, du lait pour le corps La Roche-Posay, jamais de string et souvent ma vie à bout de bras.

2. As-tu déjà été amoureuse ?
Amoureuse, moi ? Ah ah ah malheureuse… si t'es pas amoureuse, t'es pas moi ! Non mais allô quoi…  Le jour où je ne serai plus amoureuse, je ressemblerai à un litchi (ou une trompette de la mort) abandonné(e) sur un radiateur brûlant tout un hiver.   

3. As-tu déjà vécu une horrible rupture ?
Une rupture négociée de contrat de travail contre une grosse (bon tout est relatif) somme d'argent… J'ai accepté la négociation en sachant que mon poste ne serait pas remplacé. La contrepartie : je suis partie du jour au lendemain sans pouvoir dire au revoir à personne et le sentiment d'avoir été achetée. J'en ai encore honte aujourd'hui.

lundi 5 janvier 2015

Histoire d'un soir



Vendredi 17 h 15. Dans 10 minutes je serai en retard à l'audition musique de ma fille et je suis encore chez le vétérinaire entre un labrador et un Beauceron à attendre les "croquettes-qu'il-faut" pour ma chienne adorée. Et pas moyen de prévenir qui que ce soit, pas de réseau. Tant pis je me lance, je brûle le Beauceron au guichet au paiement carte bleue, je saute dans ma Twingo et je me faufile dans le brouillard jusqu'à la salle des fêtes. Trois kilomètres ! On pourrait croire que ce n'est pas grand-chose.
Contexte hivernal, pluie, froid, visibilité réduite.
Inquiétant halo dans les phares, une épaisse et grande silhouette a priori masculine me fait des signes. N'écoutant que ma stupide humanité, je m'arrête 50 mètres plus loin et ouvre ma vitre passager en l'attendant, courant dans le rétroviseur.
- Bonsoir, vous allez jusqu'au centre-ville ? Je vais à l'auditorium.
Nous étions deux à être en retard aux auditions.

vendredi 2 janvier 2015

Timbuktu


Je fais parfois ce cauchemar.

Je n'ai plus le droit d'écouter de musique ni de chanter.  D'aimer qui je veux. De lire les livres dont j'ai envie. D'éclater de rire. De m'habiller comme je veux. De sortir seule.
Et puis je me réveille et je suis libre.

Ce soir j'ai vu Timbuktu.
C'était un peu comme dans mon cauchemar. Il y avait des jeunes gens à qui on interdisait d'écouter ou de faire de la musique. Des femmes qu'on voulait marier de force et qui devaient couvrir leurs cheveux, leurs mains, leurs jambes. Des enfants qui n'avaient plus le droit de jouer au football. Des hommes et des femmes qui étaient lapidés, fouettés, emprisonnés, assassinés.

Et puis je suis sortie du cinéma. J'ai marché dans la rue noire, j'étais seule, je pouvais chanter, je portais une robe que j'avais choisie, j'allais rejoindre l'homme que j'aime.
J'étais libre.