mercredi 29 mars 2017

Tourner la page


J’ai mis du temps à y parvenir, le cheminement a été long mais aujourd’hui je dois bien me rendre à l’évidence, ce blog a vécu, et même bien vécu.
J’en ai parlé il y a quelque temps avec une éditrice formidable, Emmanuelle Chevallier des Editions du Vistemboir évoquée ici et là, et elle m’a confirmé ce que je pressentais déjà.

Lorsque je me relis, certains épisodes des cinq dernières années de ma vie - les épisodes du chemin chanterait Brassens - ressurgissent comme si c’était hier : certains que je garde précieusement en mémoire, d’autres qui ont sombré dans l’oubli.
Parfois les larmes me montent aux yeux, à d’autres moments je m’agace d’avoir pu écrire ainsi.
Si je mets la machine cinq années en arrière, je réalise que tant et tant de choses se sont passées depuis ce premier billet écrit dans la peine et l’urgence de me délivrer de ce chagrin.

Cher Eric, tu es l’ange gardien de ce blog. Ta bienveillance continue à m’accompagner et souvent, oui souvent, je pense à toi, à cette parenthèse enchantée que nous avons vécue, toi et moi. Et je regrette que tu ne sois plus. Pouvais-tu seulement imaginer où notre brève histoire me mènerait ? Et ta main qui, encore, parfois, semble me conduire, a gardé la douceur de ces jours passés…

Mes chers enfants, vous êtes toujours mes merveilleux chéris et tout ce que j’ai écrit sur vous restera comme autant de preuves de mon immense amour pour vous. Vous avez grandi dans tous les sens : mon grand de plus en plus grand, tu me dépasses, tu te dépasses et je suis fière de toi, de ton intelligence et de cet acharnement que tu montres dans la vie, cette p… de vie pas toujours facile avec toi. Ma petite chérie, tu as poussé comme un roseau, tout en longueur, tout en finesse, tout en souplesse et ton exubérance nuancée parfois de mélancolie, ta sensibilité et ta subtilité me ravissent jour après jour. En vous deux, je crois. Totale confiance de ce que vous imaginez, déjà, faire de vos vies.

Mon amoureux, ces quatre années partagées, entre nos maisons et nos existences respectives, n’ont fait que renforcer les sentiments éprouvés dès notre rencontre… notre belle complicité et nos belles différences – chanteraient Les Innocents. Et puis je ne peux oublier que la première chose aperçue dans la pénombre de ta chambre a été cette lampe dessinée et taillée dans la pierre par Eric, toujours lui, sans avoir jamais compris ni pourquoi ni comment elle se trouvait là, comme s'il était logique que je la retrouve près de toi …

Maman, je t’aime toujours autant pour cette complicité renforcée par la vie et ses errances qui n’ont fait que nous rapprocher.

Ma sœurette, malgré nos différences là encore, nous avons avancé l’une vers l’autre et sommes parvenues à dépasser ce qui aurait pu (dû) nous séparer. Belle leçon de tolérance, s’il en est…

Mes amies, mes amis, mes cousines, mes neveux, ma nièce, tous ceux qui sont chers à mon cœur, si vous saviez tout ce que vous m’apportez jour après jour…
Que serais-je sans vous ? chanteraient Aragon, Léo Ferré, Jean Ferrat…

Bien sûr il reste encore beaucoup de choses à régler.

Le boulot, ma sortie du placard que je sens imminente, en tout cas je veux y croire.
L’écriture à laquelle, en aucun cas, je ne saurais renoncer.
Mais dans le cadre que je me suis choisi, que je me suis construit, cette maison merveilleuse comme un écrin, j’ai le sentiment que le temps est venu.

Il faut tourner la page, chanterait Nougaro. 
Cher Scénario Anticrise, il est grand temps... 
Je crois bien que c’est la dernière fois que j’écris ici. 

jeudi 16 février 2017

Raide dingue de toi


Je suis raide dingue de toi. C’est la première fois de toute mon existence de femme que je ressens ça, aussi fort, aussi puissant.
Tu es tout ce dont je rêvais. Charmante, à ma taille, un peu tarabiscotée certes mais l’esprit large et fantaisiste. Lumineuse.
Dans une autre de mes vies, j’étais un peu tombée amoureuse de toi. Entre temps, tu n’as pas cédé à la facilité de te donner à n’importe qui. Je suis émue d’une telle constance, comme si finalement tu m’avais attendue ces cinq dernières années.
Entre belles au bois dormant, nous nous étions tout de suite plu mais j’avais fait ma vie ailleurs, dans d’autres lieux. Il a fallu un rappel à l’ordre pour que je me souvienne que tu existais. Et depuis presque un mois déjà, les papiers disent que tu es à moi. Le notaire appelle ça un acte de propriété, moi je dirai plus qu’il s’agit d’un contrat passé entre nous. On s’est promis de vivre en bonne intelligence, d’être heureuses, de se respecter et de s’aimer pendant de longues et belles années.

Tous les jours je passe te voir, je pense à toi dans la journée, je suis avide de te retrouver, … et j’ai hâte. Tellement hâte. D’ici quelque temps, nous pourrons enfin nous endormir et nous réveiller ensemble.
Dehors on sent comme un petit air de printemps, les oiseaux qui gazouillent, des primevères et des perce-neiges disséminés de ci de là. Dedans c’est le chantier, en vrai, totalement, avec un gros travail de fond, pas que du rafraîchissement comme j’avais pensé au départ.
Il faut te reprendre de haut en bas et de bas en haut, balayer les gravats et tenter d’apercevoir derrière ces amas de poussière ce qui sera bientôt, un jour, mon chez-moi. Mais si je prête bien l’oreille, j'entends déjà  des rires d’enfants dans le jardin, des cavalcades dans l’escalier, des portes qui claquent à cause des courants d’air… La vie qui s'engouffre en tourbillons, des promesses de bonheur. 

Même si le bonheur en fait est déjà là grâce à tous mes fidèles qui m'accompagnent dans cette aventure. Je peux compter sur eux et je les aime bien sûr. Ils se reconnaîtront facilement : ils ont les mains pleines d'enduit et d'échardes, le nez farci de décapant et de poussière...  de la bonne humeur et de la générosité à revendre.