lundi 29 juin 2015

Le magicien des couleurs


Ce pourrait être un texte écrit comme ça, au hasard d'une promenade sur la plage, le début d'une nouvelle, voire même la première page d'un roman aussi. Après tout pourquoi pas ?

J’ai marché sur la digue, les volets des villas étaient presque tous clos et dans le ciel gris, les mouettes dessinaient comme des cicatrices noires au milieu des nuages ; c’était juste gris, avec pour seules nuances, des pointes de noir et de blanc.
Aucune tâche de couleur par ici. Un jour d’hiver solitaire.
J’ai continué sur la digue et j’espérais qu’elle serait toujours là, posée sur la jetée, tourmentée, mais solidement ancrée face à la mer ; elle seule pouvait me ramener à toi.

jeudi 25 juin 2015

35 kilos d'espoir plus tard


Ce matin,  Delphine, j'ai appris que mon fils a décroché son CFG*. 
Après lui, c'est à toi, immédiatement que je pense. Toi qui fus sa maîtresse d'école préférée. En tout cas c'est ce qu'il a toujours dit. Et puis d'une certaine façon, c'est vrai que c'est toi qui l'as sauvé la toute première fois du mal d'école.
Cette année de redoublement, c'était, attends je compte sur mes doigts, il y a dix, onze ans ? 
J'entends encore la voix de cette c… de psychologue scolaire laissant entendre qu'il ne saurait peut-être jamais ni lire ni écrire et qui m'avait repris vertement. 
- Non, Madame, on ne parle pas de redoublement mais de maintien en grande section de maternelle !
Alors que lui ce qu'il voulait seulement c'était quitter cette fichue maternelle et partir en CP avec les autres, comme les autres.

mardi 23 juin 2015

Le prix de la discorde


J'ai encore envie de parler de ce livre. J'en suis tellement fière.
Qu'un de mes textes ait été distingué, qu'à travers cette nouvelle je puisse avoir été reconnue, cela me surprend encore.  C'est un peu comme si la fenêtre d'une pièce toute grise venait de s'ouvrir tout à coup sur un horizon tout bleu… tiens un peu comme sur cette photo.

Cela fait dix ans que je travaille sans obtenir aucune reconnaissance professionnelle. Dix ans qu'on utilise - je devrais dire abuse - mes compétences en me faisant croire que je n'en ai pas. Dix ans qu'on ne me laisse entrevoir aucune perspective d'évolution.
Cela fait dix ans que je suis enfermée dans cette pièce toute grise.

vendredi 5 juin 2015

Les Abeilles de Guerlain


Hier soir, j’étais à la remise du prix des Abeilles de Guerlain*. 

Cendrillon vient de rentrer chez elle épuisée, lessivée, et pour cause, le périph était fermé, les extérieurs totalement bouchés, elle a passé plus de deux heures dans sa citrouille. Et les douze coups de minuit ont sonné depuis belle lurette lorsqu’elle repousse enfin la porte de sa masure.
Elle enlève ses pantoufles de vair. Les pieds nus sur le carrelage frais, quel bonheur ! Il a fait très chaud ce soir et ses chevilles sont légèrement gonflées… Rien d’anormal compte tenu de l’affluence de compliments reçus tout au long de la soirée.


Elle vient de vivre une soirée de toute beauté

mardi 2 juin 2015

Je suis une fille du Distilbène


Je viens de lire un article sur le scandale des bébé Dékapine.
Qui a tort ou raison ? Le laboratoire Sanofi ou les plaignants dont les bébés nés sous ce médicament présentent de graves malformations… Je ne sais pas mais je ressens toujours un profond malaise à la lecture de ce genre d’information.
Parce que moi je suis un bébé Distilbène, une fille DES ou une fille du Distilbène, au choix.
(A lire une synthèse sur le sujet ici.)
Je l’ai appris, je devais avoir un peu plus de 20 ans. Lorsque ma mère a commencé à me parler, j'ai senti à son ton qu'elle cherchait à me protéger, me ménager. J'ai éprouvé un sentiment étrange, comme lorsqu'on sent que quelque chose d'important va arriver et qu'après votre vie ne sera plus jamais la même.

lundi 1 juin 2015

Intermède


Elle me demande
- Si tu étais à ma place, que ferais-tu ? 
Elle est mariée, deux jeunes enfants et elle vient de tomber amoureuse d'un autre homme que son mari. 
Si j'étais à sa place…  
- Tu partirais ?