mercredi 28 octobre 2015

Mercredi le jour des enfants


J’habite presqu’en face des restos du cœur de ma ville, j’ai déjà écrit sur le sujet (lire ici) et jusqu’à ce matin, je n’avais pas l’intention de revenir dessus.
Depuis trois ans,
je me suis habituée à ce voisinage, au portail triste et gris (un peu semblable au mien) où sont affichés de travers les horaires d’ouverture, les modalités d’accueil, les restrictions aussi. J’y ai appris qu’il fallait s’inscrire pour être accueilli alors qu’avant je pensais qu’il suffisait d’aller frapper pour qu’une main généreuse se tende et vous secourt. En fait, pas du tout : les portes ne s’ouvre qu’un jour par semaine et à heure fixe.
Ce jour-là ma rue est très fréquentée, dès le matin, par quantité de gens portant à la main des cabas de supermarché. Je ne sais pas ce qui se passe lorsqu'on a raté le jour de la distribution de l'aide alimentaire.
J’ai toujours du mal à accepter qu’il y ait autant de gens dans le besoin, expression douloureuse et tellement laide. Est-ce mon empathie naturelle ou parce que je pense parfois que cela peut me tomber dessus n’importe quand ?

dimanche 25 octobre 2015

Toute première fois

Pour la première fois de ma vie, j'ai vécu en direct le passage à l'heure d'hiver.
Il était 3 heures moins 5 du matin quand tout à coup il n'était plus que 2 heures moins 5. Un petit côté magique. J'ai d'abord cru à un bug sur mon ordinateur ou que j'avais une hallucination, le temps qui recule, ce n'est pas habituel. Mais non, c'était bien ça. Nous avions gagné une heure. Ça m'arrangeait parce que pour la première fois de ma vie, je participais à un prix de nouvelles érotiques.
Je ne sais pas ce qui m'est passé par la tête, j'ai vu l'annonce il y a un mois et j'ai eu envie d'envoyer mon dossier de candidature, il a été retenu. J'étais inscrite. Depuis que j'ai décidé de devenir écrivain, j'essaye d'écrire tous azimuts. D'explorer des registres que je ne connais pas. De foncer dans le tas.

mardi 20 octobre 2015

Carte blanche à …


 Chantal Rey  
Merci à Fabienne de m’autoriser à me faufiler dans son joli blog pour vous montrer la couverture de mon recueil de nouvelles. Mais savez-vous ce qu’il y a entre la 1re et la 4e de couverture ? Bon, je vous raconte.
Sur la première page, rien. Sur la deuxième, rien. C’est comme ça, ce sont les mystères de l’édition. Peut-être ont-ils prévu de laisser de la place pour les dédicaces, les déclarations d’amour ou la liste des courses.
En page 3, le titre : « GENS DE PLUME et autres nouvelles ».
En page 7, une citation : « Pourquoi sommes-nous au monde, sinon pour amuser nos voisins et rire d’eux à notre tour ? », histoire de donner le ton.
En page 9, une table des matières, parce que c’est bien pratique.

dimanche 18 octobre 2015

Mon blog et moi


Souvent je m'interroge sur l'utilité de ce blog. 
Je l'ai créé il y a plus de deux ans et mon premier billet a été Pour Eric… 
[Au passage, et que tu le veuilles ou non, Eric tu es l'ange gardien de Scénario Anticrise, je trouve ça assez amusant quand on sait que tu n'aimais pas qu'on parle de toi, la lecture et encore moins internet.]

Depuis j'ai écrit ici 316 billets.
Parfois ce nombre me donne le vertige, je me dis que j'ai écrit tout ça, et encore je ne comptabilise pas le temps que j'y ai passé.
Parfois je me dis que je n'ai écrit que ça.

jeudi 15 octobre 2015

Morose automne


J'ai toujours dit que j'aimais l'automne. Ses embrasements, sa palette de couleurs qui se démultiplient à l'infini, ses fruits de saison, ses lumières douces et feutrées, les nappes de brume sur les champs labourés… Bref tout ce qu'on peut dire pour se rassurer.

dimanche 11 octobre 2015

Ma matinée en cavale


Le dimanche matin est fait pour dormir, normalement. Sauf que ce matin Short Edition organisait la troisième édition de la matinée en cavale… Un drôle de truc pour de drôles d'apprentis écrivains. 
Je m'étais inscrite dans la catégorie "Très très court" et il fallait donc livrer une histoire de 6 000 signes rédigée en moins de 6 h 06.
Le top départ a été donné à 8 h 08 avec l'annonce du thème "coïncidence inévitable".
Le top final a été donné à 14 h 04 avec la remise des copies.
Je crois que nous étions plus de 200 à participer…

jeudi 8 octobre 2015

De l'amour




Début septembre, mon amoureux et moi étions de mariage. Nous nous étions mis tous les deux sur notre 31 et nous étions beaux comme des sous neufs, enfin moi je trouve.
Il y avait quelque chose d’étrange d’assister ensemble à cette cérémonie.
A notre manière nous sommes un jeune couple, bientôt trois ans d'existence en tant que tel, même si nous ne vivons pas ensemble. Nous partageons une belle complicité et beaucoup de points communs mais comme nous comptabilisons à nous deux un siècle d’existence, forcément nos projets ne sont pas les mêmes que ceux d'un couple jeune (en âge). Exemple frappant : malgré tout ce que nous éprouvons l'un pour l'autre et le désir que nous pourrions en avoir, il est évident que jamais nous n'aurons un enfant ensemble.

mercredi 7 octobre 2015

Les ateliers d'écriture Anticrise - Petit meurtre au collège


Où il sera question de l'assassinat sauvage d'un poisson rouge dans une classe de SVT. 
A partir d'une anecdote relatée par Lucie Pierrat, lauréate des Abeilles de Guerlain comme moi, j'ai lancé l'idée d'un atelier d'écriture. Première version, celle de Marc Breton...


L'anecdote -  Rentrée + deux semaines : où l'on découvre le poisson rouge du prof de SVT lâchement assassiné. Les collègues mènent l'enquête en 4C. L'élève Y  a une défense de tout premier choix : "C'est pas notre classe, m'sieur, j'étais retourné pendant tout le cours et personne ne s'est approché de l'aquarium."

                        Mister Fish, par Marc Breton                                       

Sur la porte de la salle de SVT, nouvellement repeinte, on avait punaisé une feuille A3 qui titrait en majuscules L’ AVIE DE LA MORT. Tout en bas un minuscule poisson rouge laissait échapper une bulle dans laquelle on pouvait lire, encadré par des guillemets larmoyants, JE SUIS MORT. Une autre bulle vint se superposer durant l'interclasse. Elle contenait une tache rouge et deux petits mots : mort assassiné. A midi une dizaine de bulles grimpaient jusqu’au sommet de la feuille. Elles criaient vengeance, affirmaient que le coupable serait démasqué, condamné, excommunié....

dimanche 4 octobre 2015

Tu me regardes

Tu me regardes…
Tes yeux marrons qui me disent tout le malheur du monde.
La voix parle :
- De toute façon si on ne l'opère pas…
Instinctivement, tu t 'es rapprochée, carrément scotchée à moi. Mais pour une fois je ne peste pas contre les poils blancs que tu vas encore me coller partout.
- Si on ne l'opère pas, que se passera-t-il ?
Je repense à ce jour de mars où nous étions allés te choisir avec les enfants. Un gros raton qui peinait à marcher et qui se faisait maltraiter par les autres cadors de la portée. Une petite boule presque blanche avec une belle tâche marron sur le haut du dos.
Tu geins. Je caresse la tâche marron, elle a toujours été toute douce.
Et puis un jour nous t'avions ramenée à la maison. J'ai pris une photo des enfants, ils sont assis par terre sur le carrelage de la cuisine, tu essayes de les escalader et, eux, ils rient aux éclats. Ensuite nous sommes partis en Normandie. C'étaient nos premières vacances avec toi. Les enfants se battaient pour te tenir en laisse. Un surveillant de plage était venu nous rappeler à l'ordre.
- Madame les chiens sont interdits sur la plage.
Nous avions bien rigolé.
- Mais Monsieur ce n'est pas un chien, c'est une peluche !