samedi 24 août 2013

Message d'absence...

Je pars, je pars, je pars en vacances...
Les malles sont faites, la maison est rangée, le chien dans sa pension de luxe...
J'attends juste mes enfants.
Ils me font patienter, les bougres... J'en ai le cœur battant comme pour un premier rendez-vous !
Et après, en route. Ensemble, c'est tout. 

vendredi 23 août 2013

Ma meilleure amie...

C'est quoi le cadeau dont elle rêve ?

Quelque chose qui lui ferait vraiment plaisir tout en restant quand même à ma portée... matérielle, j'entends. Ce n'est pas que je sois âpre au gain mais les temps sont durs, ma bonne dame.
Elle ne s'imagine même pas : depuis des jours, je me creuse la cervelle. Je remue le truc dans tous les sens. L'enjeu est là : marquer le coup, être à la hauteur. Sortir du lot et la voir même, peut-être, verser une larme. Qui sait...
Bon sang qu'est-ce que je pourrais bien lui offrir ?
1. Les parfums, les cosmétiques : c 'est son métier et elle le vaut bien.
2. Les fringues : on n'a pas, alors là pas du tout, les même goûts.
3. Les livres : elle lit plus vite que mon ombre, le libraire est son meilleur ami et en plus, maintenant, elle anime une chronique littéraire sur FB... 
4. La musique : avec les deezer, les iPod et tout ça, c'est devenu compliqué d'offrir un cd.
5. La cuisine : elle est un laboratoire expérimental à elle-seule.
6. Le sport : je passe au point 7.
7. Les voyages : Euh... on verra ça dans deux mois quand j'aurai rempli mon contrat, être riche.

Franchement, je ne sais pas.
Je n'ai pas vu le temps passer et voilà, on est à la veille du grand jour : j'ai l'impression de ne pas avoir avancé d'un pas. Il me reste la nuit pour assurer.
Parce que demain, oui demain... c'est un grand jour : ma meilleure amie va avoir...

D'ici là, j'espère que j'aurai trouvé.



Nu-pieds...

Ce matin, je me trouve plutôt séduisante. 

Enfin je me plais, quoi... Je porte une de mes jupes fétiches, des fleurs de couleurs qui tournent autour de mes jambes encore dorées avec des petites sandales qui me font le pied léger et l'esprit conquérant. 
Jusque-là tout va bien. Quand soudain, au détour d'un couloir de ma petite entreprise, je croise un de mes collègues*. 
Deux bises, comment ça va et quelques bla bla bla plus tard : 
- Euh je peux te dire quelque chose...
Je tends l'oreille. 
- Avec une jupe comme tu as, tu devrais mettre des talons...
Des talons ? C'est vrai que j'en mets peu. Au diable la tyrannie de la hauteur ! 
- Tu es grande... 
Justement je trouve que je le suis bien assez comme ça. 
- ... et cela t'affinerait la jambe...
Merdum... je ne m'en suis pas rendu compte : ma jambe est donc devenue épaisse. 
- ... avec ces sandales ta démarche fait penser à celle d'... 
S'il savait... Mes Pikolinos... la bride rouge, les petites lanières tressées bleu et jaune, tout cuir, je les aime.
-... un plantigrade...
Je pense très fort qu'il n'y va pas de main morte mais qu'est-ce que je peux répondre à ça ? Fort à propos, je pourrais entamer à tue-tête "Il en faut vraiment peu pour être heureux..." Mais non, beaucoup plus platement, je tourne les talons. 

Je cogite, je cogite. Toute la journée, je fixe mes pieds, j'observe ma démarche. 
Comment ça marche un plantigrade ? 

Quelques heures plus tard, à l'abri des regards indiscrets, je viens de m'immerger dans le dictionnaire. 
"Plantigrade : qui marche en appuyant sur le sol toute la plante du pied et non pas seulement les doigts". 
Je soupire. Je savoure. Je caresse du regard mes petits nu-pieds. Il faudra quand même que je pense à lui dire. Lui glisser incidemment, comme ça, au détour d'un couloir 
- Tu sais, nous sommes tous des plantigrades... 
Et le planter comme ça... 
... à moins d'être une danseuse étoile du Bolchoï, un petit Rat de l'Opéra...
Satisfaite, contente de moi malgré le décalage. 

Bon ce n'est pas tout mais qu'est-ce que je vais mettre demain ? Peut-être bien ma jupe à pois avec mes sandales, à talons cette fois... 
Demain ? Je tente une nouvelle démarche, celle de l'échassier !

*et néanmoins ami !

mercredi 21 août 2013

A propos d'elle...

Elle et moi, on a un joli point commun...

D'abord je ne sais pas trop pourquoi, subitement, je pense à elle. 
Je nage depuis une demi-heure et il fait grand soleil. Tout n'est que lumière autour de moi. 
Peut-être parce que le maillot de bain que je porte a un petit côté années cinquante. Le style pin-up comme elle. Bleu marine et blanc. Et que, exceptionnellement, j'aime bien la silhouette qu'il me fait. 
Ou parce que les coursives rétro de cette piscine - vintage, comme on dit maintenant - se prêteraient bien pour une de ces séances photo qu'elle affectionne, et collectionne, ces derniers temps.  
Parce que je l'imagine, prenant une pose nonchalante à la Rita Hayworth, sur cette rambarde bleu océan. Très glamour, malgré ses tatouages et ses 23 ans, affichant sa beauté rousse un peu démodée, hors de notre temps. 
Et puis subitement, cela me saute aux yeux. Evidemment... elle et moi, on a vraiment un joli point commun : quand elle parle de lui sur son blog, elle l'appelle 'l'amoureux', là où moi j'écris 'mon amoureux'. 
Mais surtout, elle comme moi, nous l'avons rencontré le 13 mars de l'année 2013. 


  

mardi 20 août 2013

Job(s)...

Hier soir, bref coup de fil avec ma cousine adorée...


Elle travaille dans l'hôtellerie, un très joli poste, et je l'admire. Elle doit être excellente dans ce qu'elle fait et quand elle parle de son métier, je dis chapeau... Elle donne envie d'aller au charbon. Vraiment. Et ma foi, par les temps qui courent, les vrais gens fiers de leur métier, ça devient un peu rare.

Le hic, parce qu'il y a un petit hic, c'est qu'il y a deux ans environ, elle a été gentiment remerciée selon les us et coutumes de notre époque formidable. Gentiment, si l'on peut dire... Dégagée en quelque sorte. 
Comme souvent dans ces cas-là, elle a joué celle qui partait la tête haute. Dur, dur de ne pas avoir l'air... Moi atteinte ? Même pas mal ! 
On est tous un peu comme ça, pas vrai ? Difficile d'afficher qu'on s'est pris une grande claque avant d'aller pointer au chômage. 
Difficile aussi de se dire qu'en face, ils ne détiennent pas la vérité vraie et qu'au final on est pas si mauvais(e) que ça. 
Difficile aussi la traversée du désert quand, professionnellement, on n'intéresse plus grand monde. 
Difficile de croire en soi tout simplement. 

Et donc on peut dire que pour ma cousine adorée, les mois qui viennent de défiler n'ont pas été faciles, faciles... un grand temps libre à occuper, des photos, des messages sur Facebook, tout ça... Des heures au téléphone à refaire le monde. Parler de Marseille. D'Isis*. De cuisine. De régime. De trucs de filles. Histoire de se prouver que le moral est au beau fixe. Et surtout d'éviter les sempiternelles questions :
- T'as trouvé ? 
- Des pistes ? 
- Tu as eu une réponse ? 

Et puis, voilà... c'est arrivé. Enfin. 
Et un, et deux, et trois... entretiens. 
Et un contrat a priori pas trop mal. 
Un boulot, vrai de vrai. Un très beau boulot même. 

Et voilà, ça fait six semaines déjà et, et, et, ... sans faire de plans sur la comète, elle a l'air bien parti, ma cousine adorée...
Oui, elle donne envie d'aller au charbon. Vraiment. 
Alors, moi, ce soir, j'avais juste envie de lui dire :
Good job !

dimanche 18 août 2013

Cruel...

Non ce n'est pas du Tchekhov... 

Et pourtant c'est bien une mouette là-bas...  Je suis sur la route qui me ramène de chez mon amoureux, une bonne petite route de campagne, avec à droite un champ de blé moissonné, à gauche le même, et derrière des étendues de betteraves sagement plantées en rang d'oignon. 
Je l'aperçois dans le virage, accompagnée de deux petites corneilles sautillantes aussi noires qu'elle est blanche. Toutes les trois musardent sur le bitume. 
Mais que vient donc faire là cette mouette, perdue au cœur de la Beauce où nul océan, aucune mer ne se profile à l'horizon ?  Il y a erreur sur le volatile. 
Cette mouette est-elle un mirage ? 
Battement d'ailes noires : les corneilles ont déjà fait place nette à l'approche de ma voiture. Battement d'ailes blanches, la mouette décolle à son tour, lourde et pesante. 
Au passage, je jette un œil sur le goudron et j'entrevois les restes d'une charogne... Les reliefs peu ragoûtants d'un festin cruel. 

Mais où est donc la grâce de l'oiseau de mer ? 





mercredi 14 août 2013

Langueur



Milieu de troisième semaine...

La maison est en ordre. Chambres rangées. Les lits sont faits. Panier de linge sale vide. La boîte à biscuits est intacte. Zéro miette dans la cuisine. Pas de verre dans l’évier. Les raquettes de tennis sont rangées. Pas de livre oublié dans les toilettes. Le dentifrice est rebouché. Les serviettes sont sèches. Le silence règne. Aucun bruit de dispute. Personne devant la télé.
Rien ne traîne. A part les poils du chien dans l’entrée.
Mes chéris, vous me manquez.


mardi 13 août 2013

Décision

Dans deux mois je serai riche...

J'emploie le futur volontairement. Pas un misérable conditionnel de rien du tout.
Adieu les fins de mois difficiles. Ou ses débuts d'ailleurs. Voir le mois entier. Les questions existentielles sur le prix au kilo du veau. Ou celui des gambas, c'est bon les gambas à la plancha. La petite lettre verte qui rime avec découvert ou juste en dessous les factures qui attendent les jours meilleurs.
Vive les vacances où j'ai envie. Les virées à la librairie. Les concerts à gogo. Le restaurant qui fait plaisir aux enfants. Le bonjour enjouée de madame la banquière. La descente avec les copines au magasin de chaussures. Des bouquets de fleurs à tire-larigot.
Et tout le reste qui va avec.  

C'est décidé. Dans deux mois je serai riche.




lundi 12 août 2013

Histoire belge

Suis-je méchante ?
Hier matin, à la piscine (découverte)… un petit havre de paix pour peu que l’on ait renoncé à la grasse matinée ou à la flânerie d’un petit-déjeuner pris dans le jardin.
Ce qui n’est pas mon cas justement. Or il faut savoir que :
1. la piscine ouvre à 10 heures
2. L'idéal, c'est d'y être à l'ouverture
3. Après...
Après c'est une autre histoire !
Donc, vous imaginez un petit havre de paix, boisé, bordé de larges pelouses verdoyantes, et au milieu le grand bleu dans lequel il fait bon nager, longueur après longueur, parce que... c'est bon pour le corps et l'esprit ! 
10 h 40. Je pénètre le sanctuaire où évoluent paisiblement cinq nageurs, gentiment répartis sur les lignes d'eau. Oui, je peux laisser mes regrets concernant mon horaire tardif au vestiaire, d'autant que le ciel est nuageux et le fond de l'air frisquet...
- C'est bon, je vais avoir la paix...
J'attaque.


10 h 50. Quelques longueurs plus tard, la cadence est là, le souffle aussi...

-  Oui c'est vraiment bon...
10 h 55. Ce que j'aperçois sur le bord du bassin me donne la chair de poule.
- Quatre frites roses : ça c'est pour le petit bain...
Mais non, elles plongent direct dans le grand bassin les frites roses... ou plutôt, elles explosent dans l'eau au moment même où j'atteins le muret.  Diantre, cela fait du volume quatre frites roses ! Des vagues aussi... du bruit également...
L'une des frites roses a le mollet tatoué et la voix tonitruante ; dans un registre plus aiguë, la deuxième crie à tue tête "qu'est-ce qu'on va rigoler" ; le troisième qui a gardé ses lunettes de soleil s'accroche à sa frite rose ; ouf, la quatrième surveille les enfants dans le petit bain.
11 h 05. Les trois frites roses vont et viennent dans le bassin... en diagonale, de gauche à droite : pas facile de les éviter. C'est qu'elles sont agitées les bougresses...
J'ai déjà par deux fois croisé de près l'étrange caducée qui serpente sur le mollet tatoué. Failli me heurter au Jaruzelski naufragé. Pris un coup de frite rose sur le coin du nez. Ce n'est pas très bon pour la moyenne tout ça.
11 h 10. J'attaque la série dos : de gros nuages gris s'amoncèlent au-dessus de moi.
11 h 20. Je suis repassée sur le ventre. Les frites attaquent par l'arrière. Le ciel est très gris. Et le soleil bien planqué. Dans le petit bain, les enfants ont froid. Les frites roses commenceraient-elles à bleuir ?
11 h 25. Mais non cela se complique, les frites organisent un concours de plongeon. Du grand et du petit plongeoir : et voilà deux lignes d'eau en moins. Je crains pour ma vie et quelques battements de pieds plus tard...
11 h 30. Les frites ont gagné. Je cède la place. C'est la tête haute et le ventre rentré que je rejoins le vestiaire.
Mais là au passage, sur le gazon, j'aperçois la frite rose rescapée, les enfants transis et... deux grosses glacières. Yes ! Les frites auraient prévu de pique-niquer.
Je soupire : le ciel est vraiment noir. C'est vrai qu'il fait très frais. Et vous savez quoi, on dirait même qu'il va pleuvoir...

samedi 10 août 2013

Rouge...

J'adore faire la sauce tomate...

Je ne sais pas pourquoi. 
J'adore ébouillanter les tomates. Les peler. Les couper en quartier. Les épépiner.
Les asperger d'huile d'olive.
Presser l'ail frais. Ciseler le basilic. Saupoudrer de thym.
Saler. Poivrer. Sucrer.
J'aime le petit bouillonnement qui fait plop plop dans la casserole.
Le parfum qui s'immisce dans toute la maison.
Observer la palette de rouges qui change au fil de la cuisson.
Mettre mon nez dans la marmite.
Me brûler en léchant la cuillère.
J'aime la douceur acide et sucrée. 
Tous les arômes mélangés.
Les enfermer dans un pot.
La saveur rouge de l'été.



vendredi 9 août 2013

Comment dire...

Je ne sais pas comment le dire, encore moins comment l’écrire... 

J’ai bien des idées qui me traversent l’esprit mais justement elles ne restent pas… 
Ça me trotte dans la tête, un peu beaucoup, et ça ralentit... 
J’ai envie, et puis après ça passe jusqu’à ce que ça revienne… 
Je cherche le moyen de, je trouve la raison de ne pas le faire… 
Un mot en avant, un mot en arrière… 
Peut-être que j’ai peur ! De me lancer ? Pourtant il faut que je le fasse. 
De plonger ? Le vertige. 
De choquer ? Au point où j’en suis. 
De dire la vérité ? Pour une fois me montrer sans fard… 
Allez, j’y vais, je me lance. 
A nu. Sans rougir. 
Tant pis. 
Je les écris. Trois mots, une phrase. 
Je suis amoureuse. 
Voilà c'est dit. 
C’est simple après tout. 
Mais oui, c’est bien de moi que je parle...

dimanche 4 août 2013

Elles sont là...

Elles sont là. Jaunes, vertes, parfois grises... Enormes. Des masses qui s'aperçoivent de loin. Elles avancent à leur rythme, régulier, monotone. Ronronnement monocorde au loin. Sur leur lancée, elles ne s'arrêtent jamais. Un nuage de poussière dans le lointain. Insatiables, elles prélèvent leur dîme. Trainées d'or blond sur les chemins. Et dans leur sillage, une paille sèche. Des champs dévastés à perte d'horizon. La terre à l'état brut.
Nuit et jour, jour et nuit, elles défigurent la mer jaune.
Là où elles sont, l'été n'est plus de saison.
Les moissonneuses sont là.