dimanche 5 octobre 2014

La tyrannie des mères


L'autre jour, je saisis cette bribe de conversation.

- De toute façon, on y passe toutes…
La conversation porte sur les enfants qui grandissent et qui quittent la maison, et les petits chagrins qui s'ensuivent
- C'est notre lot !

Je pense à mon amie, assise juste à côté, et qui, elle, n'y passera pas et pour cause.
Elle n'a pas d'enfants.
Je me demande ce qu'elle ressent à ce moment précis.
Est-ce qu'elle a envie de hurler qu'on la fait c.... avec nos gamins ?
Est-ce qu'elle a des regrets ?
Est-ce qu'elle nous déteste, nous les mères ?
Ou, la force de l'habitude, n'a-t-elle tout simplement pas entendu cette petite phrase ?

Après je pense à mes enfants qui, eux, partent tous les week-ends et m'habituent progressivement à l'absence.

Et si je vais plus loin, je pense à ces mères persuadées qu'elles seules peuvent élever, éduquer et faire le bonheur de leurs enfants.

Du coup je pense à cette copine qui, un jour, m'avait dit que de toute façon il était impensable pour elle que ses enfants soient élevés par son ex mari. Nous nous étions brouillées parce que j'avais osé dire qu'il me semblait que son ex mari était également leur père. Et que cela me paraissait essentiel.

Alors je repense à mes enfants qui, ce soir, entament leur semaine chez leur père. Je me dis qu'ils n'ont jamais l'air malheureux d'y aller. Bien au contraire.

Je me demande pourquoi nous sommes toujours convaincues - et je parle au féminin en pleine connaissance de cause - que nous, les mères, savons plus que les autres (en l'occurrence les pères) ce qui est bon pour notre enfant.
Je me demande si c'est un état de fait. Si nous sommes paramétrées dès la naissance comme n'importe quel appareil électro-ménager est paramétré en usine pour son utilisation.

Je pense à ce pouvoir que nous sommes persuadées de détenir sur nos enfants parce que nous les portons, les mettons au monde, les nourrissons.
Je pense à ce que nous engendrons.

La tyrannie des mères.

10 commentaires:

  1. ou, "la tyrranie des femmes" .... autre titre !!

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    1. Je sens un peu … d'aigreur dans ce commentaire. Je me trompe ?

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  2. bonjour je découvre votre blog via HC !
    Nous sommes paramétrées par des centaines d'années d'esclavage. En effet toute personne peut élever un enfant avec amour, avoir accouché n'est qu'une étape dans une histoire personnelle, mais il faut bien culpabiliser les femmes pour les retenir à la maison et les empêcher de jouer pleinement leur rôle dans la société. En leur faisant croire qu'elles aiment changer les couches les femmes ont été mises à part pour laisser aux hommes le terrain libre. C'est ancré en nous, on n'y peut rien.

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    1. Je pense que si, justement, nous pouvons beaucoup et que c'est aussi notre devoir de femme et de mère de laisser aux père la place qui leur revient. Regardez autour de vous, trop nombreuses sont encore les décisions de justice qui privent les pères de leurs enfants ou les enfants qui ne voient leur père qu'un week-end sur deux et la moitié des vacances…
      Pour le débat sur le féminisme, il y aurait encore beaucoup à dire mais ce n'était pas le propos de ce billet.

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    2. la femme , et mere, se plaint souvent d'en avoir trop à faire...et bien qu'elle accepte de déléguer , aux hommes par exemple, aux pères...sans culpabilité aucune, mais en fait , j'ai le sentiment que la femme/mère se sent irremplacable, et qu'elle seule sait faire...foutaise, il faut juste savoir accepter que l'homme/père sait faire aussi, meme si cela est fait differemment..

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  3. Et bien!! "...des centaines d'années d'esclavage"!! "... culpabiliser..."!! ce blog devient féministe extrémiste! Levez l'ancre, vite, on peut toujours!

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    1. J'ai du mal à saisir votre propos : mon billet ne peut en aucun cas être taxé de féminisme extrémiste, je pense avoir fait la part belle aux pères… Pour revenir au commentaire précédent qui vous a manifestement agacé, il n'engage que son auteur. Ceci étant, reconnaissez, sans entrer dans un débat féministe, que les femmes n'ont pas toujours eu une place de choix dans nos sociétés. Souvenons-nous il n'y a pas si longtemps du code Napoléon… Ou de la lutte pour le droit de vote tout simplement.

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  4. je réagissais et répondais au message de 14:58 , pas sur le "billet"!

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  5. Autant pour moi je n'avais pas saisi…

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  6. Je pense que cela vient aussi du fait qu'il existe encore pas mal de pères (certaines mères aussi mais on en parle moins) qui une fois la séparation "actée" reprenne leur liberté et ne s'investisse plus ou peu dans la vie de leur enfant (et ceci, même si la mère n'y met pas un frein). C'est triste pour les pères dont ce n'est pas le cas mais les mentalités mettent du temps à changer et malheureusement, les exemples de pères qui "délèguent" à la mère après la séparation ne fait que réattiser les idées préconcues, triste cercle vicieux donc...

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