mardi 7 octobre 2014

"Fumer m'a tuer"


Ce matin dans ma voiture, j’entends le dernier spot radio de la campagne antitabac.

Il s'agit d'un spot conçu par l'agence DBB, existant en deux versions - homme et femme afin certainement de ne pas heurter la parité -, vidéo et radio. 
- Anna, Clémentine, mes amours… vous m'avez apporté tellement de joie… voilà ce n'est pas facile…   
La voix féminine, chargée d’émotion, est proche des larmes, et l'intensité dramatique à son paroxysme. 
- … mais on ne se reverra peut-être plus… alors je voulais vous dire que je vous aime… et que votre maman sera toujours près de vous… 
Et une voix grave de conclure
Le tabac tue un fumeur sur deux - Pour arrêter de fumer appeler le 3989 ou connectez-vous sur Tabac Info Service
Je pense à mes enfants, si sensibles et sensibilisés : leur père fume. Leur mère a fumé. Et eux, fumeront-ils un jour ? 


Un des titres du journal qui suit annonce qu'à Carquefou près de Nantes, six salariés de la Seita entament leur neuvième jour de grève de la faim pour protester contre la fermeture de leur site et le plan social qui va en découler. Une équation s'affiche aussitôt dans ma tête de fille archi simpliste : arrêter de fumer = 327 personnes sur le carreau

Par simple curiosité, ce soir, je tape sur google "chiffres du tabac" et lis qu'en 2013, les taxes
sur le tabac ont rapporté 11,2 milliards d’euros à l’Etat  (hors TVA), et ce malgré une baisse
de 6,2 % des ventes. Je déglutis… Oups ! quel joli pactole !

Je m'offre ensuite une petite visite sur Buralistes.fr, le site officiel de la profession, où j'apprends que "les buralistes sont à la fois commerçants indépendants et préposés de l’administration. C’est l’Etat qui délègue la vente du tabac à ces professionnels, dans le cadre d’un monopole (chaque buraliste signant un traité de gérance avec Les Douanes) …"
J'en déduis que le tabac est donc bien une affaire d'Etat.

Merdum  ! Cela fait beaucoup d'ambiguïtés, de paradoxes, de contradictions et d'hypocrisie pour ma petite personne…
Qu'on m'explique pourquoi, au lieu d'en faire tout un plat et s'il s'agit un tel enjeu de santé publique, on ne prohibe pas tout bonnement le tabac !

Personnellement ça ne me ferait ni chaud ni froid puisque j'ai arrêté de fumer il y a douze ans et suis devenue une vraie publicité à moi toute seule pour vanter les mérites de la vie sans tabac.

Je pourrais enfin cesser d'empoisonner mon amoureux (pour qu'il arrête), mes enfants (en leur faisant promettre que jamais ils ne succomberont…), les pourvoyeurs de mégots sur la plage, etc.
La vie serait belle, plus personne ne mourrait (du tabac), on aurait tous et toutes la peau lisse, les dents blanches et une haleine fraîche.
Les bureaux de tabac vendraient du chocolat ou des fraises Tagada (sans sucre).
On serait tous heureux et le monde merveilleux quoi !

STOP : retour sur la terre ferme et dans la vraie vie.
Quelqu'un peut-il me dire le coût de cette campagne antitabac qui fait peur aux enfants et n'empêchera jamais un fumeur d'allumer une bonne petite clope ? La dernière … l'avant-dernière… avant que, demain, promis, il arrête.
Et si on parlait aussi des industriels du tabac… 

2 commentaires:

  1. regarde cash investigation sur la 2 tu auras un début de réponse, bien triste mais bien reel la santé ou l argent qui va l emporter? Namaste

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