lundi 20 octobre 2014

Carpe diem


Profiter de l'instant quand il est là…

Dimanche matin, alors que nous émergions tous d'une nuit un peu trop courte, j'ai pensé à haute et intelligible voix que, sans doute, nous prenions là, pour cette année, notre dernier petit-déjeuner au  jardin. [Pour ma part, je ne connais pas beaucoup de plaisirs qui égalent celui-là.]
J'ai juste ajouté : profitons-en et goûtons l'instant.
Une journée de bureau difficile associée à la petite pluie froide qui tombe ce soir me confirme l'intuition que j'avais : l'instant allait se faire la malle vite fait bien fait.

Profiter de l'instant quand il est là… Combien sommes-nous à prononcer ces mots sans jamais prendre garde que l'instant trépasse et que la vie passe ?

Je me souviens de mon père et de ses "quand je serai à la retraite, je ferai des claquettes, j'apprendrai la comédie musicale, nous irons au Mexique…" S'il avait prévu que, dans la jeune fleur de ses 58 ans, une garce appelée Alzheimer lui mettrait le grappin dessus, il aurait certainement pris le temps de danser, chanter et voyager bien avant.

Tout ceci pour dire qu'hier il faisait beau, aujourd'hui il fait froid.
Hier la lumière était belle, aujourd'hui elle est grise.
Hier je profitais du moment, aujourd'hui je le subis.
Hier j'étais insouciante, aujourd'hui je ne le suis plus.
Hier j'aimais mon boulot, aujourd'hui il m'use.

Un des hommes de mon existence disait que je ressemblais à un petit oiseau sur une branche, toujours à croire aux lendemains qui chantent. Une manière de me reprocher un optimisme inébranlable.
J'ai un peu changé depuis et je sais désormais que la vie ne peut pas ressembler éternellement à ce petit-déjeuner pris au soleil d'automne dans un jardin. Mais je sais aussi qu'elle ne doit pas ressembler éternellement à une journée grise et humide passée dans un bureau sinistre.

Alors demain ou après-demain quand l'instant se présentera, il faudra bien que je le saisisse.

2 commentaires:

  1. et oui rien ne sert de procrastiner

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  2. jeudi, répétition.fin de la belle saison : au revoir les jolies guibolles halées, les voici toutes de nylon noir gainées
    en rentrant j'écoute jack jonhson histoire de rester encore un peu en été (in between dreams) isa

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