samedi 30 mai 2015

Dédicace


J'ai vécu un moment merveilleux. 
Depuis quelques jours je me demandais comment ça allait se passer. 
On avait dit 10-12 h et 15-17 h. Est-ce qu'il y aurait du monde ? J'en avais trop vu des auteurs qui attendaient le client derrière leur pile de livres, ils avaient l'air de trouver le temps long. Et qu'est-ce que j'allais bien pouvoir écrire ? Est-ce que je saurais trouver les mots ? J'avais posé la question à mon amoureux : comment fait-on une dédicace ?

J'avais mal dormi pendant plusieurs nuits.  Comment m'habiller ? Jupe ? Pantalon ? J'avais pris mon beau stylo, celui du dimanche. Pris le temps aussi d'un petit brushing, exceptionnellement bien coiffée pour une fois mais j'étais un peu en retard, un jour comme celui-là… Franchement j'exagérais.
En arrivant, j'ai croisé une amie dans la rue, elle avait fini son marché, acheté le livre. Elle n'avait pas le temps d'attendre que j'arrive à la librairie. Elle partait fêter le cinquième anniversaire de son petit-fils.
- Je passerai te voir dans la semaine…
J'avais le cœur battant, palpitant. Et si je n'y allais pas ? Qu'est-ce que j'allais écrire ? Y aurait-il du monde ? Et puis je suis entrée dans la librairie. J'ai été aspirée par ce parfum que j'aime tant, papier, encre, idées. Tout cela a une saveur unique. Une histoire d'amour, encore une, mais celle des origines et qui perdure au-delà de tout. Le parfum de la bibliothèque municipale à l'heure du conte le mercredi dans ma vie d'enfant. Le parfum des bibliothèques roses et vertes dans les rayonnages du couloir de la maison de mes parents. Le parfum des histoires, des personnages que j'ai aimés à l'âge adulte. Oui les livres qu'ils soient lus, relus ou inconnus ont toujours ce parfum délectable et tellement rassurant.
Alors j'ai commencé à respirer. J'ai vu la petite table qui m'attendait, je l'ai trouvée jolie. J'ai pensé que, sûrement, dans cet environnement les mots auraient plaisir à me retrouver.
Des livres tout autour. Du papier, de l'encre, des personnages, des idées, des histoires.
Oui nous y serions bien et je saurais quoi écrire.
A partir de là, tout s'est enchainé très vite et à  midi moins dix, mon ami le libraire est venu me dire qu'il n'y avait plus de livres dans la librairie. Ou plutôt si, il y en avait plein d'autres mais le mien, celui où se trouve ma "Pension les Glycines", s'était épuisé tout seul d'avoir été si bien accueilli par mes amis de Pithiviers. Et donc il me fallait fermer boutique.  Il n'y aurait pas d'après-midi. J'ai ressenti un petit creux au ventre, ma première séance de signatures était donc finie. Déjà.
Faute de livres.
- Dès que je serai livré, nous recommencerons, m'a dit mon ami.
J'ai pensé, pourvu qu'ils arrivent vite
- Oui si tu veux, nous recommencerons...


A vous tous qui êtes venus m'encourager aujourd'hui,
je dédis ce billet écrit après ce merveilleux moment. 

2 commentaires:

  1. Hello!! Bravo!! Super événement que tu nous relates là! Une extraordinaire aventure dont je ne rêve même pas, tu te rends compte, tu es passée de l'autre côté de la table avec tes mots! Je suis très heureuse pour toi! Félicitations! Fabuleux moment effectivement! De gros bisous Fabienne!

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  2. C'est dit, c'est promis, c'est juré, dés que je serai livré tu dédicaceras.
    c'est signé : l'ami.

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