jeudi 25 septembre 2014

Mort et vie

Cela m'obsède. 

Il y a une dizaine de jours, j'ai appris par un message sur facebook la mort de mon premier mari.
Nous avions vécu sept ans ensemble. Et même si je ne les considère pas comme les années les plus heureuses de ma vie - je ne souhaite pas revenir ici sur les épisodes douloureux que nous avons traversés -, ce sont des années qui ont énormément compté pour moi.
Je sais que ce que j'écris est idiot : toutes les années d'une vie comptent puisque ce sont elles qui contribuent à en faire une vie.  Mais il est vrai que cette tranche de vie fut particulièrement marquante.


Lui et moi, nous ne nous étions jamais revus. Nous nous étions quittés sur les marches du palais de justice de Paris où un homme en robe noire venait de prononcer notre divorce. Nous nous étions dit au revoir, comme ça, au milieu du grand escalier de pierre. Il portait une chemise blanche Agnès B.
J'étais partie la première et j'ai toujours été persuadée qu'il m'avait regardée m'éloigner. Je sens encore son regard fixé sur moi. Je ne me suis pas retournée.

Cela m'obsède : ce message et tout ce qui a suivi ont ouvert les portes de ma mémoire. Mais surtout, je me dis qu'il est impensable d'avoir autant aimé quelqu'un pendant plusieurs années et d'apprendre ainsi qu'il est mort. De n'avoir rien vu venir, rien pressenti. Que cet homme qui avait été mon amant, mon mari est mort et a été incinéré pendant que moi, tout simplement, je continuais à vivre.

Cette photo est pour lui : il aimait les rivières et le rock'n'roll.


2 commentaires:

  1. Nos mémoires sont remplies d'êtres aimés... ou moins aimés ! Leurs disparitions laissent souvent un sentiment de regrets de ne pas avoir fait...dit... mais trop tard!

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  2. La disparition d'une personne avec qui on a partagé ne serait-ce quelques instants de notre vie est toujours un moment où les souvenirs remontent à la surface. La perte d'une amie dernièrement m'a fait ressentir les mêmes choses... tu as écris certains mots que je cherchais... voilà, maintenant il y a une petite étoile en plus qui brille là-haut.

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