lundi 7 avril 2014

Abruti

Espèce d'abruti… 
Et je reste polie. Enfin j'essaye. Il me colle aux fesses depuis deux kilomètres. J'ai l'œil fixé sur mon rétroviseur. Je le sens qui s'approche, malfaisant, dangereux. Il s'accroche à mon pare-chocs. Je lui ai pourtant donné deux ou trois avertissements, une pression légère sur la pédale du frein histoire de déclencher l'alarme rouge.

Il s'agace encore plus. Il oscille sur la gauche, déborde sur la bande blanche. - Mais quel imbécile, tu ne vois pas la voiture qui arrive en face !

J'ai la main sur le klaxon, le doigt sur les appels de phare. Devant moi il y a deux voitures et encore plus en avant, une enfilade de trois énormes semi-remorques… Même s'il me double, il aura gagné quoi ? Peut-être une minute ou deux.

Cette route est un vrai cauchemar : 14 km de ligne droite avec des faux plats, des lignes blanches, des petites routes qui débouchent de chaque côté et des fangios persuadés d'être les rois de la route, pressés le matin d'aller bosser, pressés le soir d'en revenir.

- Ce n'est pas possible, il va y aller…

Il y va : il a bien la tête de l'emploi, un menton prognathe, la lippe rageuse. J'entends son fiel, les bonnes femmes et le volant, etc. Et voilà il se rabat juste devant moi, m'oblige à freiner et s'accroche à la voiture juste devant. L'une chasse l'autre.

Je suis désormais en position d'observation.

Il recommence, colle, se décale sur la gauche et dès qu'il a un créneau…

- Non pas là, il ne va pas y aller…

Une belle ligne blanche continue parce qu'il est impossible de voir ce qui arrive en face mais il n'a même pas peur et il y va, obligeant la voiture d'en face à ralentir. C'est ça ou mourir.

Hop, d'un coup de volant sec, il se rabat et se retrouve derrière le premier camion.

On vient d'arriver à la grande descente avec visibilité totale, un superbe créneau de deux kilomètres de dépassement et en face… une file ininterrompue de voitures.

Je jubile…
L'abruti est au cul du camion et il ne doublera plus maintenant.

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