mardi 7 avril 2015

Il a fait beau...



A la météo, ils l’avaient dit : il allait faire beau.

- Tu crois vraiment ce qu'ils racontent ?
- Parfois ils disent noir et il fait blanc… 
- De toute façon ils se trompent tout le temps ! 
Mais le ciel est resté bleu, le soleil s'est invité et ma petite maison a résonné de bruits, d’éclats de rires, de chansons, de musiques qu’on partage. 
- Non franchement tu ne crois pas qu'on va écouter ce truc-là quand même  ? 
- Et ça c'est plutôt pas mal… 
-… c'est vieux !
- … ben un truc plus jeune quoi  ! 
Elle a été remplie de désordre, de baskets jetées au hasards des balades. 
- Enfin vous ne pouvez pas ranger vos chaussures ? 
- … je me suis pris les pieds dedans…
- Pourquoi je n'ai plus qu'un chausson ? 
Il y a eu plein de verres qui traînent sur la table, les assiettes du petit déjeuner, les couverts à mettre. 
- Non, le violet c'était le mien… 
- Je peux prendre du jus d'orange ?
- Attend je vais le mettre au lave-vaisselle…
Il y a eu aussi un trafic d’oreillers. De matelas qu’on déplie. Le canapé qu'on débarrasse pour dormir. Des portes qui claquent, des fenêtres grandes ouvertes. Et le chien qui en profite pour rentrer et sortir. Le chat qui ne sait plus où ronronner. 
- Quelqu'un peut ouvrir au chien… 
- Y a le chat qui miaule ! 
- On ne donne pas les croûtes de fromage au chien !
Et puis des parfums de gâteaux qui cuisent, des casseroles qui chauffent, un plateau de fromages qu'on dévore. L'odeur du pain grillé au petit déjeuner. Le plat du poulet à saucer. 
- Vous avez faim, vous ? 
- Qui a fini le beurre ? 
- J'ai refait du thé… 
- J'prendrai bien un petit café. 
Des confidences aussi, des petites histoires échangées. Du temps pour papoter. Quelques chamailleries évidemment et le bruit des pieds qui tapent dans l'escalier. 
- Je voulais regarder The Voice… 
- J'peux avoir ta tablette ? 
- Mais j'étais en train de jouer à la console… 
Encore des éclats de rire. Sans oublier le déjeuner au soleil dans la cour. Les plantes à rempoter. Des petites fleurs mauves qui pointent leur nez dans une jardinière.  
La chaleur. La tendresse. La complicité. 

Alors quand le soir est arrivé, que le calme est revenu, j'ai trouvé ma maison un peu trop grande. Retrouvé le chausson perdu sous le canapé. Mangé un dernier bout de fromage. Caressé le chat qui commençait à s'ennuyer et sifflé le chien qui ronflait sur son tapis. 

J'ai écouté le silence s'installer. 

A la météo, ils ne se sont pas trompés : ça a été vraiment un beau week-end.

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