dimanche 27 décembre 2015

Mes vieux amis


Ma mère et ma sœur m'avaient dit que vous passeriez peut-être. Mais bon, un jour de Noël, vous auriez certainement autre chose à faire.
Et puis on a sonné et vous étiez là. Arrivant de la maison presque à côté. 20 mètres plus bas dans la rue. Celle de mon enfance. Ou plutôt de notre enfance.
On est tous tombés dans les bras les uns des autres. Frères et sœurs, amis d'autrefois, enfants devenus grands.
Honnêtement, avec tes cheveux poivre et sel, ta barbe., t'aurais-je reconnu si je t'avais croisé ailleurs qu'ici ? Je ne suis pas sûre. Combien d'années se sont écoulées depuis notre dernière rencontre ? Nous n'arrivons pas à nous mettre d'accord. Moi je dis 25, toi tu penches pour les 20. Peut-être qu'on s'est croisés une fois depuis, après tout, qu'importe. En tout cas c'est loin, c'est proche, tout ça à la fois. Et toi, ma belle, tu t'exclames - Comment elle va, ma vieille poule ?
Autant d'étreintes chaleureuses. Amicales. Authentiques.

Nous avions moins de 12 ans, partagions nos jeux interdits aux adultes. Nos parents s'estimaient. Nous partions même au ski ensemble. L'un d'entre vous avait cassé mes lunettes. Nous allions dans la même école, j'étais la plus grande. Je suis devenue la plus vieille. Nos mamans faisaient cantines communes. Le jeudi nous déjeunions chez l'une, le mardi chez l'autre. Chez vous j'adorais la sauce à la moutarde sur les steaks hachés. Aujourd'hui encore je fais la même à mes enfants. Tu demandes si tu peux revoir la cuisine. Combien de fois y avons-nous mangé ensemble avant de repartir à l'école ? Tu dis qu'elle n'a pas changé même si, sur le frigo, les dessins d'enfants et les magnets portent des prénoms ou des visages nouveaux.
Tu as l'air heureux d'être là. Et toi ma poulette, tu ris. Dans les yeux de ma petite sœur, une myriade d'étoiles scintille. C'est si bon d'être ensemble. De se retrouver après toutes ces années.
On passe du coq à l'âne. On puise dans nos valises bourrées d'histoires compliquées. La vie qui ne nous a pas épargnés. Egratignés. Tu vis où ? Comment fais-tu pour tes gamins ? Garde alternée ? Collège. Séparations. Lycée. Université. Et ton boulot ? Ta vie ? Tu es heureux(se) ?  Veux-tu un café ? Tout un fatras qui sort en vrac, souvenirs, émotions, les regards qu'on échange. Nos enfants nous ont remplacés mais finalement, tu n'as pas tant changé.
On rit aux larmes. Les yeux dans les yeux. Des larmes dans les yeux.
L'impression de plonger à pleines mains dans une hotte remplie de cadeaux.
Alors on se dit qu'on pourrait déboucher une bouteille de champagne ? C'est vrai quoi, on ne va quand même pas se quitter sans trinquer.
Portons un toast, mes amis.
Au passé.
A l'amitié.
A vous tous, mes très chers vieux amis ! 

1 commentaire:

  1. ma vieille poule, ma poulette, du coq à l'ane...il ne manque plus que "ma petite cocotte" !! clin d'oeil , ha ha ha!!

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