mardi 15 décembre 2015

Kateel Dedeyan

Le livre dans ma poche

A la hâte, je l’ai glissé dans ma veste. C’est un livre de poche, il avait donc tout à faire là.
Paris était sous le givre et j’allongeais mes pas pour arriver plus vite au chaud et au milieu du chapitre que j’avais abandonné à contrecœur.
Et puis, impatient de me replonger dans les mots suspendus, comme on retrouve un amour, j’ai dévalé les marches du métro et je me suis faufilé in extremis entre les portes qui sifflaient leur fermeture.
L’homme est y entré en même temps que moi.
Il y eut la surprise, les cris puis la confusion... je me souviens d’avoir vu la terreur dans les yeux d’une trop jolie femme pour ça.
L’homme avait fait feu en invoquant un dieu qui ne l’aurait jamais voulu. Etrangement, je n’ai pas vu défiler ma vie comme il est de coutume, mais j’ai simplement ressenti la tristesse et la déception de ne pouvoir jamais connaître la fin de mon livre. Puis plus rien...

- Voilà, vous pouvez le monter au 4ème, en réa. On peut dire qu’il a eu de la chance, celui-là. Et il pourra remercier Alexandre Dumas. Sans lui, la balle aurait été beaucoup trop loin.

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