mercredi 25 novembre 2015

Larmes


La journée a été éprouvante. 
Il s'est mis à pleuvoir quand je sortais de l'usine. Une eau froide et lourde comme le ciel où bavaient des taches d'encre noire délavée.

La grande route que j'emprunte chaque jour a pris des allures apocalyptiques. Lumière jaune, dérangeante et oppressante. Montagne de nuages d'acier. Et les gouttes acérées comme des éclats de verre que les lumières des phares projetaient sur mon pare-brise.
J'ai eu envie de m'arrêter sur le bas-côté, poser ma tête sur le volant, fermer les yeux jusqu'à ce que le soleil revienne.
A la radio, on jouait Dvorak, le deuxième mouvement du concerto pour piano. C'était comme une BO tragique qui collait à la tristesse de ces derniers jours. Les cordes étouffantes. Les envolées dramatiques, écrasantes. Et soudain les notes du piano. Cristallines. Limpides. Comme des larmes impossibles à retenir.

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