vendredi 1 août 2014

Le tocsin

Commémoration du centenaire de la Grande Guerre oblige, j’ai corrigé plusieurs livres sur le sujet depuis quelque temps. 

J’ai relu des listes de noms, de prénoms. 
Des Eugène, Aimé, Auguste, Etienne, Anatole, Germain, Abel, Emile, René, Fernand, Célestin, Alfred, Aristide, Louis, Clément, Paul.

Des lieutenants, des capitaines, des généraux, des premières classes, des sapeurs, des caporaux.

Des batailles. La Marne, le Chemin des Dames, Verdun, les Frontières, le Grand Couronné, la Trouée de Revigny, la Grande Retraite, Vauquois. 

Des ordres de mobilisation, de réquisition. Des télégrammes.

Des lettres. Des cher papa. Des embrasse les enfants. Des on sera là pour Noël. Des mon amour. Des je t’aime. Des Vive la France. Des on en a marre. Des on veut rentrer. Des j’espère être courageux. Des demain on part pour le front. Des n’oublie pas mon colis. Des ma petite femme chérie. 

Des poux. De la vermine. Des rats. La faim. Le froid. La pluie. La peur. Des larmes. La dysenterie. Le typhus. La grippe. Le tétanos. La gangrène. Des amputations. Des gueules cassées. 

Des ambulances. Des taxis. Des chevaux. Des vélos. Des cantines.
Des chars. Des zeppelins. Des gaz moutarde. Des avions. Des obus. Des mitrailleuses.
Des offensives. Des attaques. Des tranchées. Des retraites. Des replis. Des poches. Des fronts. Des barbelés.

Des mutineries. Des condamnations. Des exécutions.

Des faits prisonniers. Des morts au combat. Des morts sous le feu de l’ennemi. Des tombés pour la France. Des portés disparus. Des soldats inconnus.

Des 18, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30 … ans. Des âges vertigineux pour mourir. 
Alors quand le tocsin sonnera à 16 h aujourd'hui, je me tairai.

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