jeudi 20 mars 2014

Libération

Quand les portes vitrées s'ouvrent devant moi, je sens l'air me transporter…

Je sors de ma petite entreprise, je vole, je m'envole.
J'ai tout à coup une sensation incroyable, comme si la vie revenait en moi.
Tout l'après-midi j'ai eu à supporter les récriminations. Les gémissements. Les mots aigres. Les jérémiades. J'aime bien ce mot, il résonne comme ce qu'il veut dire.
Je n'en pouvais plus des phrases assassines. De l'amertume et de la bile.
Mais le pompon a été cet échange.
- Il faut que j'aille à Paris mais ça ne me dit rien.
Là je ne réponds pas alors elle continue.
- J'aurais bien fait du shopping mais il n'y a plus aucune jolie robe nulle part…
Je pense aux pages mode des magazines. Je sursaute : rien de joli ? Alors exceptionnellement je tente une réponse.
- Oh que si il y a encore de belles choses mais le problème est qu'il y a de moins en moins d'argent sur le compte en banque…
J'ai mis le ton. Se rend-t-elle seulement compte ?
Elle lève la tête et me regarde d'un air offusqué. J'ai dit une incongruité. Je l'ai offensée. Je sens que je vais payer cette phrase qui m'a échappé.
- … comme si le problème était là… Non il n'y a plus rien de bien. Plus rien qui va. On ne sait plus travailler aujourd'hui… On ne sait plus fabriquer. Même dans la qualité…
Et c'est reparti jusqu'à la fin de l'après-midi.

Alors quand les portes vitrées s'ouvrent devant moi, je m'envole. Je me laisse transporter.
C'est la libération.

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