lundi 20 juillet 2015

Mon sac de plage


Il y a un truc pendant les vacances qui fait que le temps subitement s’accélère*. Cela arrive généralement quand je m’y attends le moins, c’est un peu comme une sorte de check point que l’on franchit difficilement. Je ne sais pas pourquoi à un moment précis, je commence à me dire que voilà déjà une semaine que je suis arrivée, que dans une semaine à la même heure je serai au boulot, bref que la vie normale aura repris son cours … Oui, je sais, il ne faut pas voir le verre à moitié vide, je dois positiver, profiter du temps quand il est là, etc., blablabla, mais il n’empêche que lorsqu’arrive le point crucial où le décompte commence et où le sablier se retourne, et bien je m’offre un bon coup de cafard. Et les idées noires qui vont avec.

Je suis donc arrivée à ce point de non retour du milieu de vacances et cela mérite bien un petit vrac façon sac de plage.

1. J’ai toujours aussi mal au dos lorsque je me lève le matin. En cause certainement, un sommier et un matelas qui méritent un trajet simple pour la déchèterie.
2. Sans en avoir vu ou entendu un seul, je recense dix-huit piqures de moustique réparties sur ma géographie corporelle, avec une nette préférence pour sa partie inférieure, à savoir mes cuisses et mes mollets. 3. La sonnette de mon vélo a rendu l’âme d’une façon très mystérieuse. Malheureusement, malgré une enquête très poussée, je crois que je ne connaîtrai jamais le nom du responsable.
4. J’ai préparé plus de quatorze repas à destination d’une tablée de six adolescents (ou presque) affamés (+ trois adultes) et je commence à être à court d’idées de recettes roboratives.
5. Hier l’eau était à 19 °C et j’ai aimé la sensation un peu saisissante de l’eau sur la peau nue. .
6. Je n’ai pas été bien coiffée une seule fois depuis mon arrivée et j’ai renoncé au sèche-cheveux.
7. J’ai changé deux fois de couleur de vernis à ongle (prune et bleu).
8. Je poursuis ma collection de galets, sans aucune directive particulière de forme ou de couleur. Pour le moment je n’ai trouvé que deux petits en forme de cœur.
9. J’ai arpenté le chemin des douaniers plusieurs fois, en compagnie notamment d’un de mes neveux, dont le caractère un peu taciturne et les silences me conviennent tout à fait. J’apprécie qu’il me laisse m’esquiver dans ces horizons immenses sans poser de questions.
10. Je n’ai pas pris de coup de soleil pour la bonne raison qu’il préfère jouer à cache-cache avec les nuages.
11. Je suis allée deux fois au marché et je n’ai encore acheté ni petite robe ni pantalon.
12. J’ai assassiné 700 g de langoustines vivantes dans une casserole d’eau bouillante et nous les avons mangées avec une mayonnaise maison.
13. J’ai pris l’apéritif tous les soirs.
14. Je me suis esquivée – discrètement - plusieurs fois pour prendre un grand bain de solitude.
15. J’ai écrit une nouvelle.
16. J’ai mangé un kouing amann (pas vraiment sûre de l’orthographe), un fard breton, une glace au caramel au beurre salé, des cônes à la vanille, une tablette de chocolat aux éclats de caramel, sans oublier des galettes et des palets bretons.
17. J’ai chanté (faux) « pour faire des ricochets ».

Je crois bien que je suis heureuse. Impression de liberté, de plaisir et de sérénité. Et même si ces jours d’été sont parfois un peu gris, le temps me semble être au beau fixe. Je n’ai pas envie de rentrer. Je crois que je vais arrêter le cours du temps et rester ici définitivement.

* Parfois je me dis que j’aimerais bien être une de ces femmes qui s’installent ici pour l’été sans s’attacher au temps qui court. Elles me semblent si détachées, bien loin du sentiment d’urgence que j’éprouve à profiter de l’océan, de la plage…)

2 commentaires:

  1. C'est tellement bon d'etre coiffée dans le sens du vent!
    Le vent est communiste : tout le monde coiffé pareil,ha, ha !!
    Isa

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  2. Les années qui s'écoulent se ressemblent... Le blog les reflètent.

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